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Le PJD se prépare à élire le successeur de Benkirane

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ABDELILAH BENKIRANE
Abdelilah Benkirane, secretary-general of Morocco's Islamist Justice and Development Party (PJD) speaks during a new conference at the party's headquarters in Rabat, Morocco early October 8, 2016. REUTERS/Youssef Boudlal/File Photo TPX IMAGES OF THE DAY | Youssef Boudlal / Reuters
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POLITIQUE - Samedi 17 décembre au siège central du Parti de la justice et du développement (PJD), le secrétariat général du parti s’est réuni sous la présidence du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane.

La réunion a porté, dans les grandes lignes, sur les actualités de la scène politique, sur l’avancement des négociations pour la formation du gouvernement, ainsi que sur la coordination avec les élus locaux du PJD.

La question du congrès ordinaire du parti, au cours duquel aura lieu l’élection du successeur de Abdelilah Benkirane à la tête du PJD, a également été abordée. Une commission préparatoire sera créée lors du Conseil national du parti, qui se tiendra du 12 au 14 janvier, et verra également le vote du budget et du programme du PJD pour l’année 2017.

Contacté par le HuffPost Maroc, le président du Conseil national du PJD Saâdeddine El Othmani nous a précédemment déclaré que si les principaux points de l’ordre du jour du Conseil national du parti sont le vote du budget et du programme du parti, le secrétariat général peut inclure, à son initiative, de nouveaux points.

Les statuts du PJD accordent au secrétaire général le droit de rempiler pour un second mandat, mais pas pour trois successifs. Abdelilah Benkirane ayant déjà été reconduit pour un second mandat, il devrait donc, en principe, céder sa place.

Un congrès décisif

Les dirigeants et les personnalités du PJD que le HuffPost Maroc a contactés dernièrement ont refusé de se prononcer sur la question, jugeant "prématuré de parler de succession alors que le secrétaire général est toujours en poste". Cependant, rares sont ceux qui accordent du crédit à l’hypothèse de l’amendement des statuts du parti, afin d’accorder un troisième mandat à Benkirane.

Les difficultés que rencontrera le parti de la lampe pour désigner un successeur à Abdelilah Benkirane, leader charismatique qui a porté, à bout de bras, une certaine idée du PJD durant ces dernières années, peut donner l’impression qu’une réelle impréparation prévaut, et que le PJD s’apprête à faire un saut dans l’inconnu - même si, comme on l’imagine, la question a dû être amplement discutée et débattue en interne.

L’enjeu peut a priori sembler mineur, puisque quelle que soit l’issue du congrès ordinaire du PJD, Abdelilah Benkirane restera chef du gouvernement jusqu’en 2021, mais l’élection d’un nouveau secrétaire général du parti - et donc d’une nouvelle direction du parti - pourrait être l’amorce d’une nouvelle trajectoire pour le PJD.

Qui pour succéder à Benkirane?

Jusqu’à présent, aucun leader de l’envergure de Abdelilah Benkirane ne se dégage pour la succession, et aucun nom n’émerge du lot.

Si nombre de médias avancent que Saâdeddine El Othmani, président du Conseil national du parti et par ailleurs ex-secrétaire général du PJD, est le grand favori, sa candidature pourrait s’avérer un choix de dernier recours. Saâdeddine El Othmani et Abdelilah Benkirane ne souhaitent visiblement pas se passer indéfiniment le relais, et opteraient plutôt pour une transition.

Un autre nom serait celui de Mustapha Ramid. Ce dernier dispose d’une certaine légitimité auprès des bases du parti, mais ne jouit pas d’une grande acceptabilité auprès de la classe dirigeante du pays. Si sa proximité avec Abdelilah Benkirane fait dire à certains que le chef du gouvernement le prépare pour sa succession à la tête du parti, son impulsivité et son caractère imprévisible font que sa capacité à diriger un parti politique est remise en question.

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