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L'ONU trouve un compromis sur l'envoi d'observateurs à Alep

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SYRIE
A general view shows damaged buildings in the northwestern Homs district of Al Waer January 18, 2015. REUTERS/Stringer (SYRIA - Tags: CITYSCAPE CIVIL UNREST CONFLICT) | Stringer . / Reuters
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ALEP - Le Conseil de sécurité de l'ONU votera lundi 19 décembre au matin sur une résolution prévoyant le déploiement d'observateurs à Alep, en Syrie, pour superviser les évacuations et l'assistance humanitaire, selon des diplomates cités par l'AFP.

Certains des pays membres doivent encore en référer à leurs capitales avant de donner leur accord définitif, a précisé l'ambassadeur français François Delattre. Son collègue russe Vitali Tchourkine a estimé qu'il s'agissait "d'un bon texte".

Un compromis "basé" sur le projet français

La Russie avait auparavant menacé de mettre son veto à la résolution française, avant que celle-ci ne soit amendée après plus de trois heures de consultations à huis clos. François Delattre a indiqué à la presse que les 15 pays membres avaient trouvé "un terrain d'entente" sur un texte de compromis "exactement basé" sur le projet français.

Il a précisé que les observateurs internationaux n'auront pas besoin de l'autorisation du gouvernement syrien pour se déployer. Ce texte "contient tous le éléments essentiels permettant une supervision par l'ONU", a souligné l'ambassadrice américaine Samatha Power. Celle-ci a dit "s'attendre à un vote unanime sur ce texte".

Faisant état de "signalements sur des exécutions de civils", le président américain Barack Obama avait déjà réclamé vendredi un déploiement d'observateurs impartiaux pour superviser les évacuations.

Les évacuations suspendues

Un accord qui intervient alors que la reprise attendue de l'évacuation d'insurgés et de civils a été reportée à cause d'un grave incident impliquant des hommes armés.

Alors que l'évacuation à Alep devait être menée simultanément à celle des villages de Foua et Kafraya, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de la la deuxième ville de Syrie, une vingtaine de bus qui s'apprêtaient à entrer dans ces deux localités chiites prorégime assiégées par les rebelles ont en effet été attaqués et incendiés par des hommes armés issue de la mouvance jihadiste. Un des chauffeurs a trouvé la mort, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une situation humanitaire catastrophique

La situation humanitaire devient de plus en plus catastrophique à Alep pour les civils bloqués, dont des enfants qui passent la nuit dans les ruines des immeubles. Privés d'eau potable et de nourriture, épuisés, ils subsistent en mangeant des dattes.

Dans le dernier hôpital du secteur rebelle, certains des dizaines de blessés et de malades commencent à succomber, selon des médecins sur place. Le correspondant de l'AFP a constaté dans l'établissement des conditions désastreuses, avec des malades et des blessés allongés sur le sol, sans eau, sans nourriture et pratiquement sans chauffage.

Un physiothérapeute, Mahmoud Zaazaa, a confié qu'il ne restait plus dans la zone "que trois médecins, un pharmacien et trois infirmiers".

Une fois l'évacuation terminée à Alep, le régime syrien devrait proclamer la reprise totale de la ville, signant sa plus importante victoire dans la guerre sanglante qui déchire le pays depuis 2011 et a fait plus de 310.000 morts.

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