Partie avec son "mari": La mère de la jeune fille obligée par la justice de se marier à un proche l'ayant mise enceinte inquiète de sa disparition

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Facebook/Fatma Riahi
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“Je n’ai pas vu ma fille depuis vendredi dernier” a déclaré, lundi, la mère de la jeune fille de 13 ans mariée à un proche l'ayant mise enceinte au Kef sur les ondes de Mosaïque Fm.

Mme Faouzia, la mère de la jeune fille, a expliqué que sa fille a accompagné son “mari” chez lui depuis vendredi, et ce sans le consentement de la famille. Elle a indiqué que l’homme en question est venu prendre sa fille sous prétexte de vouloir extraire des documents pour l’accomplissement de son dossier médical auprès des services sociaux.

Elle a indiqué, par ailleurs, qu’elle ne s’est pas opposée à la volonté de sa fille qui a accepté le mariage, en plus des liens familiaux qui unissent les deux familles vu que ses deux autres filles sont mariées aux frères du jeune homme.

D’autre part, le délégué général de la protection de l’enfance Mehiyar Hamadi, a indiqué à la radio que même si la loi autorise au jeune homme de vivre avec sa femme, cette jeune fille reste menacée vu son bas âge. “Nous craignons que cette dernière se trouve 'séquestrée' et empêchée de contacter sa famille,” a-t-il dit.

M. Hamadi a noté que malgré la suspension de la décision judiciaire prise par le Tribunal de première instance du Kef, le jeune homme est légalement l’époux de la jeune fille.

Le 1er décembre dernier, le tribunal de première instance du Kef a autorisé le mariage d'une fille de 13 ans avec un proche l'ayant mise enceinte, sur la base de l'article 227 bis du Code pénal tunisien qui prévoit une peine de prison de six ans pour toute personne ayant "fait subir sans violence l'acte sexuel à un enfant de sexe féminin âgé de moins de 15 ans accomplis", "le mariage du coupable avec la victime (...) arrête les poursuites".

Cette sentence avait provoqué un tollé auprès d'organisations qui jugent qu'elle a été violée, mais aussi auprès des internautes.

Le ministère de la Justice Ghazi Jeribi avait affirmé à la radio Mosaïque FM le 14 décembre, que le ministère public a décidé de demandé l'annulation de la décision du Tribunal de Première Instance du Kef, autorisant le mariage entre une mineure de 13 ans et le jeune homme qui l'a mise enceinte. Cette demande entraine la suspension de la décision.

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