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L'évacuation des rebelles blessés et civils d'Alep en Syrie est suspendue

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SYRIE
L'évacuation des rebelles blessés et civils d'Alep en Syrie est suspendue | Stringer . / Reuters
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INTERNATIONAL - L'opération d'évacuation des blessés et civils des quartiers Est d'Alep, deuxième ville de Syrie, a été suspendue vendredi 16 décembre par les forces du régime, a affirmé à l'AFP une source de sécurité syrienne. "Les hommes armés n'ont pas respecté les conditions de l'accord", a-t-elle indiqué.

Selon une source du régime proche des négociations, les autorités syriennes ont décidé de suspendre cette évacuation, qui a débuté jeudi, car "les rebelles sont partis avec leurs otages", des membres des forces prorégime qu'ils détiennent. "Selon la télévision d'État, l'évacuation d'Alep est suspendue car les rebelles ont tenté de partir avec des armes lourdes et des otages", écrit sur Twitter une journaliste de l'AFP.

Interrogé par France Info, Frédéric Joli, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en charge de l'évacuation, ne croit pas à cette version. D'après lui, les "convois ne comportaient que des civils, des blessés ou des malades. Il est évident que dans ce genre de convois, il n'y a jamais d'hommes armés". Le CICR a par ailleurs demandé "à toutes les parties de faire en sorte que l'opération reprenne et se poursuive dans des conditions normales".

"D'autres informations suggèrent que l'évacuation d'Alep est interrompue pour mettre la pression sur les rebelles, pour qu'ils permettent l'évacuation de Foua et Kefraya, des villages assiégés par les rebelles (depuis 2015, ndlr)", écrit encore la journaliste de l'AFP. Ces villages du nord-ouest de la Syrie, chiites et pro-régime, devaient être évacués en même temps qu'Alep.

Vers 11 heures (9h heures au Maroc), des bruits de tirs et d'explosions ont été entendus dans le quartier de Ramoussa puis des ambulances et des autobus ont quitté, sans passagers, ce secteur d'Alep par lequel se déroule l'évacuation, a constaté une journaliste de l'AFP.

Cette pause dans la prise en charge des civils et blessés, après plusieurs tentatives infructueuses d'évacuation, intervient alors que le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir vendredi pour tenter d'obtenir le déploiement d'observateurs internationaux à Alep, chargés de surveiller les opérations d'évacuation.

Bachar al-Assad se félicite de la "libération d'Alep"

Des milliers de civils ont quitté Alep-Est jeudi dans le cadre d'un accord de cessez-le-feu avec le régime du président syrien Bachar al-Assad. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a estimé le nombre des personnes évacuées à environ 8500, dont quelque 3000 rebelles. Les médias officiels ont eux parlé de quelque 8000 évacués.

Environ 50.000 personnes étaient toujours prises au piège dans les quartiers rebelles malgré cet accord d'évacuation, a déclaré jeudi Staffan de Mistura, émissaire de l'ONU pour la Syrie.

"Je veux assurer que ce qui se passe aujourd'hui, c'est l'Histoire, que tout citoyen syrien est en train d'écrire", a lancé Bachar al-Assad jeudi dans une courte vidéo postée sur le compte Facebook de la présidence, se félicitant de la victoire de ses troupes à Alep.

"Avec la libération d'Alep, on dira que la situation a changé, pas seulement pour la Syrie, pas seulement pour la région, mais pour tout le monde", a-t-il lancé, sourire aux lèvres, sur la vidéo qui semble filmée par un téléphone portable.

La perte d'Alep représente un revers cuisant pour la rébellion, qui avait conquis la partie orientale de la métropole en 2012. Pour le régime, cette victoire, rendue possible grâce au soutien de la Russie, est le plus important succès du pouvoir depuis le début de la guerre en 2011.

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