Tahar Ben Jelloun "inquiet" pour le second mandat du PJD au Maroc

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Moroccan writer Tahar Ben Jelloun attends a ceremony for the Prix Goncourt des Lyceens prize at the Education Ministry in Paris, France, November 17, 2016. REUTERS/Philippe Wojazer | Philippe Wojazer / Reuters
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LITTÉRATURE - Tahar Ben Jelloun n'aime pas les polémiques. Présent à Casablanca mercredi 14 décembre au soir pour la présentation de son dernier livre Le terrorisme expliqué aux enfants, l'auteur marocain qui a fait parler de lui ses dernières semaines pour ses sorties anti-PJD, a indiqué d'emblée que les questions liées à la politique n'étaient pas les bienvenues.

Pourtant, c'est l'auteur lui-même qui a abordé le sujet. Regrettant le taux d'abstention "alarmant" enregistré après le dernier scrutin législatif, Tahar Ben Jelloun a rappelé qu'"un parti a été élu démocratiquement pour un second mandat".

"Au Maroc, on a un problème: les gens ne votent pas. Les partis marocains n'ont pas su convaincre les gens d'aller voter", regrette-t-il.

Le PJD en ligne de mire

Tahar Ben Jelloun, pour qui "les résultats de ce premier quinquennat ne sont pas fameux", s'est dit "inquiet pour le deuxième". "L'éducation est dans un état lamentable, la corruption est devenue un sport national", a-t-il poursuivi, avant de fustiger, une fois de plus, le Parti de la justice et du développement (PJD).

"D'un côté, nous avons un roi qui fait de l'excellent travail et de l'autre, des gens qui nous tirent vers le bas, qui nous font régresser", a-t-il estimé.

Ce n'est pas la première fois que Tahar Ben Jelloun envoie des piques au parti à la tête du gouvernement. Invité début décembre à une conférence en France, l'auteur et essayiste marocain a déclaré que le PJD était un parti "rétrograde", "homophobe" et "raciste" et que les Marocains qui ont voté pour lui lors des dernières élections l'ont fait parce qu'ils n'ont pas été "éduqués aux vraies valeurs de la démocratie".

"En finir avec les amalgames"

Concernant l'ouvrage qu'il est venu présenter dans le cadre des Escales littéraires organisées par le Sofitel de Casablanca une fois par mois, l'auteur a expliqué qu'il l'avait écrit "à partir d'un récit imaginaire, pour répondre aux enfants qui se demandent ce qu'est le terrorisme", après les attentats du 13 novembre dernier en France.

"Il était très urgent de rétablir la vérité, sortir l'islam de là-dedans et en finir avec les amalgames", explique-t-il. Pour lui, "le terrorisme n'est pas une idée, c'est un moyen, une technique pour arriver à un but précis".

"Daech a réussi quelque chose d'absolument extraordinaire, c'est de convaincre les gens de changer leur instinct de vie, contre celui de la mort (...). Leur projet est ambitieux, leur structure est énormément complexe et il y a beaucoup d'argent derrière", a-t-il estimé.

L'auteur a également insisté sur le fait "qu'il n'y avait pas deux islam, un des lumières et un autre de l'obscurité. L'islam n'est que lumières."

Avant Le terrorisme expliqué aux enfants (Editions du Seuil), Tahar Ben Jelloun a publié plusieurs autres livres de la même catégorie dont Le racisme expliqué à ma fille en 1998 et L'islam expliqué aux enfants en 2002. A travers ces ouvrages dits "pédagogiques", l'auteur et poète marocain veut "combattre l'ignorance et les préjugés en s'adressant aux enfants et aux jeunes".

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