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Des rapports sexuels consentis ou des viols? Des témoignages expliquent avec l'éclairage d'une psychiatre

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Ils et elles sont nombreuses, gardant leur secret, refoulant un souvenir, terrant avec leur douleur immonde, ceux qui ont grandi avec l'heure, arrachés de leur innocence pour être jetés dans la violence, ceux qui ont connu le malheur trop tôt, trop crûment dans leurs chairs et âmes, ce sont les victimes d'une main baladeuse vilaine, d'un attouchement vicieux, d'un viol. Malgré le refoulement, le mal est ancré, palpable, les cicatrices ne se tarissent pas et se manifestent différemment.

Alors que la Tunisie connait une levée de boucliers suite à l'affaire de la fille de 13 ans enceinte et a failli être mariée à son agresseur, des récits affluent sur ce genre d'abominations comme ces témoignages (ci-dessous) reçus par la blogueuse Ben Trad. "Ce sont des récits qui reflètent les non-dits autour de ce sujet, la complicité de la famille, l'incapacité des victimes à identifier des structures qui puissent les aider" a déclaré la blogueuse au HuffPost Tunisie.

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Des récits pour se rendre compte de l'épouvante

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Récits de victimes de violences sexuelles
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Quand la victime est désignée comme responsable

Alors qu'on débat en Tunisie du consentement ou pas de la victime du Kef, tergiversant sur la configuration du viol ou pas dans ce cas d'espèce, ces témoignages, avec des formes de violence variables, relatent les mécanismes de défense, ou pas, de la victime, ses incompréhensions, l'intériorisation ou le déni autour de cette violence subie précocement.

Parce que "un enfant de 13 ans, comme c'est le cas de la fille du Kef, ne peut être consentant, il n'a pas encore correctement intégré ce que signifie le désir sexuel, les conséquences de l'acte, sa portée. Il est en stade de pré-structuration psychologique où tout est encore flou, ils ne peuvent ni être consentants, ni coupables", a expliqué au Huffost Tunisie, docteur Dhouha Becheikh Kallel, psychiatre et sexologue.

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"Le traumatisme refait surface d'ailleurs après, avec des états de stress post-traumatique, des états de dépression réactionnelle, etc. alors qu'ils ont gardé au départ, pour certains, le silence, ils sont restés dans le déni, qui constituait un moyen de défense psychologique vers une tentative de dépassement", a-t-elle ajouté.

Peut-on s'en sortir après une telle atrocité? le gouffre est-il une fatalité? "Non, certains évoluent favorablement, se font aider, ils ont su et pu se prendre en charge".

Une délivrance qui n'est pas à la portée de tout le monde et diffère selon le traumatisme en lui-même, la victime, et surtout l'élément culturel et environnemental. En effet, certains ne savent pas vers qui se diriger, n'ont pas les moyens de le faire ou ils sont dans un milieu incompréhensif, minimisant l'agression ou y voyant une honte à cacher sans se soucier de l'équilibre psychologique de la victime, signale la psychiatre.

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