Bientôt déployée pour l'Algérie: La plateforme "Coopte me", la ma3rifa a son "premier réseau social"

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COOPTE ME3
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Besoin de "ma3rifa" (connaissance) pour appuyer votre demande d’embauche dans une entreprise ? Besoin d’avoir des détails concrets sur l’offre d’emploi et sur la vie interne de l’entreprise ? Besoin d’une recommandation pour recruter le bon profil ? Alors visitez la plateforme web "Coopte me", le "1er réseau social professionnel de cooptation par les salariés". Un site lancé en France par deux algériens, diplômés de grandes écoles françaises, Karim Amzal et Sami Khemsi.

L’idée de révolutionner la façon avec laquelle les entreprises recrutent est venue de Karim Amzal, un jeune algérien natif de Dely Brahim. Karim est ingénieur diplômé de la prestigieuse Supélec après avoir été lauréat du bac algérien en 2003 au Lycée El Mokrani 2 de Ben Aknoun. Il a travaillé pendant six ans dans le conseil en stratégie pour de grands groupes internationaux en France et à l’étranger, principalement dans le secteur de l’énergie.

Son expérience lui a permis de constater que malgré la multiplicité de solutions de recrutement existantes, des problèmes persistent. "J’ai également remarqué qu’il se développait dans de nombreux pays un nouveau canal de recrutement qu’on appelle "Employee Referral". C’est à dire que le salarié devient en quelque sorte un chasseur de têtes pour son entreprise. Il va ainsi pouvoir recommander les meilleurs profils en prenant en compte leur compatibilité avec la culture de l’entreprise et les exigences techniques du poste", explique l’initiateur du site.

Selon Karim Amzal, le "canal de la cooptation" est reconnu dans bon nombre de grandes entreprises, "notamment américaines", comme le "plus efficace" parmi les autres formes de recrutement. Mais, "la cooptation reste quand même limitée par le réseau", car "un salarié, ne connait pas tout le monde !". "Il existe une multiplicité de réseaux autour de lui qu’il peut exploiter pour créer un échange avec les chercheurs d’emploi et pouvoir les challenger et étudier au mieux leur candidature ; comme ceux de son ancienne école/université ou ceux des entreprises où il a déjà travaillé".

"Coopte me" est donc une sorte de tamis qu’utiliseront les entreprises pour présélectionner les meilleurs profils avant même de commencer le processus de recrutement. Ce qui permettra aux responsables du recrutement d’optimiser le traitement des centaines de CV qu’ils reçoivent tous les mois et d’éviter de passer parfois trop rapidement sur certaines candidatures. Quant aux chercheurs d’emploi, "Coopte me" leur permettra d’avoir un premier contact informel avec l’entreprise, de poser toutes les questions qu’ils n’oseront pas poser en entretien, et d’avoir un retour fiable et argumenté sur leur candidature », ajoute encore notre interlocuteur lors d’un entretien réalisé via Skype.

De l’idée à sa concrétisation

Pour Karim Amzal, permettre à un employer de parrainer un demandeur d’emploi n’ouvre pas la porte au copinage. "Le salarié "coopteur" engage sa responsabilité et a donc tout intérêt à ne proposer que les meilleurs profils correspondant vraiment à la culture de l’entreprise", affirme-t-il. Autre élément, "le "Coopteur" gagne de l’argent lorsque la personne recommandée est recrutée", c’est tout l’intérêt pour lui d’aller à la recherche les bons profils et non pas les proches ou les amis".

Selon Karim, les montants varient de 500 € et ça peut aller jusqu’à 10.000 € dans certaines entreprises.
La mise en ligne du site "Coopte me" a pris neuf mois entre l’émergence de l’idée à sa concrétisation. Si l’idée de sa création et sa conceptualisation est de Karim Amzal, c’est Sami Khemsi, le directeur technique, qui est responsable du développement de la plateforme web. Originaire de Kouba, Sami est parti en France après son bac en 2005 à Alger après une scolarisation dans un lycée privé. Ingénieur, diplômé de l’Ecole de l’innovation et de l’expertise informatique "EPITECH", Sami a travaillé dans le développement Web sur de nombreux "projets de start-up".

La cooptation est aussi à l’origine de la constitution de l’équipe du projet "Coopte me". "L’idée a commencé à germer l’année dernière. Il a fallu que je trouve un très bon CTO pour m’accompagner sur l’aspect technique lié au développement du site. C’est ainsi que j’ai rencontré Sami à Paris à travers une amie algérienne commune", explique Karim.

Une ambition internationale

La vidéo du lancement de "Coopte me" postée le 5 décembre sur YouTube compte, en moins d’une semaine, plus de 700 vues, une dizaine de partages sur la plateforme vidéo de Google, et plus de 400 fans sur la page Facebook.
La plateforme "Coopte me" compte déjà une centaine d’adhérents dont des algériens. « Nous avons une centaine d’inscrits (demandeurs d’emplois et coopteurs) sur le site. Et nous avons déjà des contrats avec quatre grandes entreprises qui souhaitent passer par notre plateforme pour recruter », affirme Amzal précisant, par ailleurs, que de "nombreux algériens, diplômés de l’Ecole national polytechnique (ENP) et l’Ecole supérieure d’informatique (ESI – Oued Smar) figurent parmi les inscrits".

Lancée d’en France, "Coopte me" devrait être "rapidement déployée à l’international" et déclinée en plusieurs langues. "L’Algérie est une "des cibles", car c’est notre pays et il est important pour nous de participer à son développement. Les entreprises étrangères en Algérie cherchent beaucoup ce genre de canaux", dit-il.

Interrogé sur la place qui reste à la fonction ressources humaines dans les entreprises dans le cas de la cooptation, Karim Amzal estime que cela "n’empiète pas sur le rôle des DRH, au contraire… "Coopte me" repositionne le travail des RH sur des tâches à forte valeur ajoutée. Il facilite le ciblage des futures recrues". "Notre travail c’est de proposer un premier tri pertinent des candidatures selon des critères liées à la nature des postes demandés". "Une fois le tri effectué, les responsables des RH peuvent poursuivre un processus de recrutement classique. Au lieu de recevoir une centaine de CV dont 90% vont à la poubelle, il est préférable d’en présélectionner une dizaine afin de ne pas perdre de temps et de mieux les étudier".

Quel modèle économique ?

La société "Coopte me" a été créé en "une semaine". Le nom de marque de la startup a été enregistré en juin 2015. Le modèle économique est "classique". "Il s’agit d’une rémunération au dépôt d’offre. C’est les entreprises qui payent, pas les chercheurs d’emplois", précise Karim. Dans la pratique : "L’entreprise diffuse une offre d’emploi. Elle donne les détails de l’offre à ses salariés qui se chargent de faire le tri parmi les demandes d’emplois formulées".

Le rôle "Coopte me" dans tout cela ? « Nous on fournit et on structure un réseau. On crée des associations qui n’auraient pas existé dans la vraie vie. On permet de digitaliser une sorte de réseautage qu’il est impossible de concrétiser formellement en dehors de la plateforme", explique encore Karim Amzal. Une "opération de levée de fonds" est en cours "pour pouvoir développer "Coopte me".

La start-up a été sélectionnée pour "intégrer l’Incubateur d’entreprises de Centrale Paris, un des plus prestigieux de France". Selon le site de l’Incubateur, les trois critères de sélection sont : "le caractère innovant" du projet (biens ou services), "sa dimension technologique, en lien avec les laboratoires de l'École", et son "potentiel de croissance".

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