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Les images surréalistes de la colonne de bus et d'ambulances pour évacuer Alep-Est, au milieu des ruines

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INTERNATIONAL - Une ligne verte au milieu du gris des ruines syriennes. Les premiers bus et ambulances transportant des blessés et des civils ont quitté jeudi 15 décembre en début d'après-midi les quartiers rebelles d'Alep, deuxième ville de Syrie.

Les véhicules, transportant essentiellement des blessés et leurs familles, sont partis du quartier d'Al-Amiriyah et se sont rendus dans celui de Ramoussa, aux mains du régime, en vue de se diriger vers l'ouest de la province d'Alep, contrôlée par les insurgés.

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Les bus alignés dans la partie d'Alep contrôlée par le régime, Ramouseh bridge, le 15 décembre.

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Les bus, garés à Ramouseh, attendent de pouvoir évacuer les derniers habitants d'Alep Est, le 15 décembre.

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Bus et ambulances attendent de pouvoir évacuer les civils et rebelles de l'est d'Alep, le 15 décembre.

Peu après 14 heures en France, près d'un millier de personnes avaient déjà été évacuées, a indiqué une source militaire à l'AFP. En tout, quelque 4000 rebelles et leurs familles sont concernés, selon la télévision syrienne, par cette opération d'évacuation.

Le convoi avançait très lentement. Il était ouvert par des véhicules du Comité international de la Croix-rouge (CICR) et du Croissant rouge syrien avec leur drapeaux, suivi par 13 ambulances et 20 d'autobus verts, selon la journaliste de l'AFP.

Les premiers à partir sont les blessés et les malades, ainsi que leurs proches, a précisé Ingy Sedky, la porte-parole du CICR en Syrie.

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Des ambulances attendent de pouvoir évacuer les blessés d'Alep Est, le 15 décembre.

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Un homme pousse une femme blessée sur un brancard de fortune pour l'évacuer d'Alep Est, le 15 décembre.

"Ils vont se diriger vers la province d'Alep", majoritairement sous contrôle des réfugiés, a indiqué à l'AFP Ingy Sedky.

Deux autres villages tenus par les rebelles évacués

Les personnes évacuées doivent quitter Alep par les quartiers sud d'Al-Amiriyah et de Ramoussa, a indiqué à l'AFP un responsable rebelle du puissant groupe islamiste Ahrar al-Cham, chargé des négociations, Al-Farouk Abou Bakr. Les rebelles "viendront après "le premier ou le deuxième contingent", a-t-il précisé, ainsi que "250 militants" anti-régime non armés.

Un correspondant de l'AFP dans les quartiers rebelles a pu voir les gens s'agglutiner dans les bus, s'installant sur les sièges ou à même le plancher. Certains habitants, parfois âgés, pleuraient. D'autres apparaissaient heureux de partir. D'autres encore semblaient hésitant à embarquer dans les bus, craignant de possibles vérifications de sécurité ou des fouilles par les forces du régime.

Dans le quartier de Ramoussa, des femmes aux balcons lançaient des "youyous" au passage des bus, a constaté la journaliste de l'AFP.

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Des Syriens se rassemblent pour être évacués du quartier rebelle de l'est d'Alep, le 15 décembre.

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Un enfant évacué par bus du quartier rebelle d'Alep Est, le 15 décembre.

Des blessés et des civils de deux localités chiites pro-régime assiégées depuis 2015 par les rebelles dans le nord-ouest de la Syrie, Foua et Kefraya, doivent également être évacués. 29 bus, des ambulances et des équipes médicales ont été envoyés vers ces villages "pour faire sortir les cas humanitaires et un certain nombre de familles", a indiqué à l'agence étatique Sana Mohamed al-Hazouri, le gouverneur de la province de Hama, voisine de celles d'Alep et d'Idleb. 1200 blessés et malades et leurs proches doivent être transférés vers Lattaquié, une ville côtière sous le contrôle du régime.

La perte d'Alep représente un revers cuisant pour la rébellion, qui avait conquis la partie orientale de la métropole en 2012. Pour le régime, cette victoire, rendue possible grâce au soutien de la Russie, est le plus important succès du pouvoir depuis le début de la guerre en 2011.

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