Deux homosexuels arrêtés à Sousse : Un test anal et une audience pour les deux jeunes hommes

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LGBT TUNISIE
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Le district de Bab Bhar, gouvernorat de Sousse, a arrêté, le 8 décembre dernier , deux jeunes hommes pour homosexualité. Après des heures de garde à vue, les deux accusés ont été traduits devant un juge d’instruction qui a réclamé qu’ils subissent le fameux test anal. Après avoir été transférés à l’hôpital régional de Sousse, les deux jeunes hommes ont été libérés après que le même juge ait constaté que le test était négatif. Toutefois, cela ne l’a pas empêché de fixer une audience, le 6 janvier 2017, pour que les deux concernés soient jugés pour homosexualité.

Contactée par le HuffPost Tunisie, l’avocate des deux victimes, Fadoua Brahem, a indiqué que ses clients ont subi le test anal ce qui veut dire que leur intégrité physique a été violée. Toutefois, l’avocate a insisté sur l’importance de ne pas diaboliser le médecin ayant pratiqué ledit test puisqu’il est obligé par la loi de se soumettre aux ordonnances des juges d’instruction. "Il faut que l’Ordre national des médecins trouve une solution à ce problème ; un médecin est appelé à exécuter les ordonnances judiciaires et il ne peut refuser de soumettre les accusés ou les victimes au test anal. Cependant, ce test représente une réelle intégrité physique et doit absolument être aboli".

Il ne s’agit pas d’une première pour la Tunisie en matière d’homosexualité ; en décembre dernier, six jeunes étudiants ont été condamnés à trois ans de prison ferme et à un bannissement de la ville de Kairouan là où ils suivaient leurs études. Cette affaire avait bouleversé l’opinion publique.

En septembre 2015, l’affaire du jeune étudiant Marwen avait donné le feu vert aux débats médiatiques et publics après que le jeune garçon ait été condamné à un an de prison ferme pour pratique homosexuelle. Grâce à la grande mobilisation qu’avait suscité son affaire, la condamnation à l’encontre de Marwen avait fini par être annulée par le Tribunal.

L’homosexualité n’est pas condamnable uniquement par les tribunaux tunisiens puisqu’il semblerait qu’une partie de la société n’accepte pas encore cette pratique : Haythem, l’un des étudiants de l’affaire de Kairouan, a été violenté, en pleine rue et en plein jour, à cause de son homosexualité. Après la médiatisation de cet acte homophobe, une avocate tunisienne avait publié un post Facebook où elle a expliqué que ceux qui avaient tabassé le jeune homme auraient mieux fait de le jeter du plus haut bâtiment de la capitale…

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