"Rogue One" est une oeuvre à part, le film restera-t-il dans l'histoire comme un vrai "Star Wars"?

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"Rogue One" est une oeuvre à part, le film restera-t-il dans l'histoire comme un vrai "Star Wars"? | Disney
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CINÉMA - Disney va-t-il réussir à transformer l'essai? Après la réussite critique et commerciale de l'épisode 7, un nouveau "Star Wars" va envahir les salles au mois de décembre. Mais "Rogue One" est une oeuvre à part, ce n'est pas vraiment un nouvel épisode de la fameuse série de George Lucas. D'ailleurs, le titre complet est "Rogue One, a Star Wars Story", sans mention d'un numéro et le fameux texte déroulant ne fera pas office de générique d'ouverture.

S'il fallait lui donner un numéro, ce serait N°1, car "Rogue One" sera le premier des multiples spin-off imaginés par Disney lors du rachat en 2012 de la franchise. Alors, sera-t-il vraiment considéré comme un nouveau "Star Wars" et marquera-t-il l'histoire du cinéma comme ses aînés?

Ces épisodes dérivés ou secondaires ne sont pas si nouveaux que ça, rappelle Laurent Aknin, critique et historien de cinéma, interrogé par Le HuffPost France. "Avant la stratégie de Disney, il faut se rappeler que l'univers étendu est immense", précise-t-il.

Une référence aux multiples livres, BD, jeux vidéo et autres séries se déroulant dans l'univers de "Star Wars" et qui ont conquis (ou non) les fans depuis des décennies. Cet univers très riche, qualifié d'apocryphe avec le rachat de Disney, s'étend d'ailleurs sur plusieurs milliers d'années. "Les films étaient matriciels, mais ce n'était au final que des épisodes parmi beaucoup d'autres", estime le critique, auteur de Star Wars, une saga, un mythe.

L'industrie Disney

Mais il y a tout de même une différence: "Rogue One" est le premier film (sans compter le film d'animation "Clone Wars") à ne pas faire partie de la saga initiale imaginée par George Lucas. Pour autant, le créateur de "Star Wars" "aurait lui-même amené l'idée de spin-off en 2012, racontant des histoires parallèles", rappelle au HuffPost Patrice Girod, auteur de Star wars: les années Lucasfilm magazine.

Mais Disney ne risque-t-il pas de dénaturer les films "Star Wars" aux yeux du public? "C'est le problème des franchises, mais on est dans un monde où les gens regardent 22 épisodes d'une série en un week-end", note Patrice Girod, qui fut l'éditeur de Lucasfilm Magazine pendant des années.

On pense par exemple aux blockbusters en série, comme les Marvel, les "Transformers" ou les "Fast & Furious". Mais pour Laurent Aknin, c'est ainsi que fonctionne l'industrie hollywoodienne actuellement. Et vu qu'elle continue, c'est que cela doit marcher. "Le modèle est au point: on créé un prototype, qui est une vraie nouveauté. Si cela fonctionne, on va alors décliner jusqu'à usure de la clientèle et le lancement d'un autre prototype", explique-t-il.

Qu'importe le nombre de flacons pourvu qu'on ait l'ivresse

Une chose rendue possible grâce aux progrès technologiques, notamment en matière d'effets spéciaux. "S'il n'y a jamais eu de films sur l'univers étendu, c'est aussi parce qu'il y a 15 ans, on avait pas la possibilité technique de faire autant de films rentables avec des effets spéciaux de ce type", estime Laurent Aknin.

Les deux experts de Star Wars sont en tout cas unanimes sur un point: le problème, ce n'est pas la fréquence des spin-off ou le fait de raconter des histoires parallèles. Ce qui permettra de savoir si "Rogue One" rentrera dans l'histoire, c'est sa qualité générale et notamment celle de son scénario.

Alors que l'épisode 7 était un énorme hommage à la première trilogie, ce spin-off devrait permettre à Disney d'enfin couper le cordon avec les années Lucas. Pour le meilleur ou pour le pire.

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