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La Chine se dit "gravement préoccupée" par les propos de Donald Trump sur Taïwan

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La Chine se dit "gravement préoccupée" par les propos de Donald Trump sur Taïwan | Getty Images
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INTERNATIONAL - Pas encore en fonction, Donald Trump fourbit déjà ses armes. Le président élu des États-Unis a menacé dimanche 11 décembre de ne plus reconnaître le principe de la "Chine unique" si Pékin ne fait pas de concessions, surtout en matière commerciale. Ce principe avait conduit Washington à interrompre en 1979 ses relations diplomatiques avec Taïwan.

"Je ne veux pas que la Chine me dicte ce que je dois faire", a-t-il déclaré sur la chaîne Fox, en réponse à une question sur sa récente conversation téléphonique avec la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen.

Se défendant avec véhémence, Donald Trump a expliqué qu'il aurait été insultant de pas répondre à l'appel de Tsai Ing-wen qui voulait le féliciter pour sa victoire. "Cela a été un appel très agréable et court. Au nom de quoi une autre nation pourrait-elle dire que je ne peux pas prendre un appel ?", s'est interrogé le futur hôte de la Maison Blanche.

Au passage, il a affirmé avoir été informé de cet appel seulement quelques heures auparavant, et non des semaines voire des mois à l'avance, comme l'a notamment affirmé le Washington Post.

En s'entretenant il y a dix jours directement au téléphone avec Tsai Ing-wen, Donald Trump a de fait rompu avec 40 ans de diplomatie américaine. Depuis 1979, pour ne pas froisser Pékin, aucun président ou président élu américain n'avait parlé à un dirigeant taïwanais, et Washington défend la politique d'une "Chine unique".

"C'est drôle, les États-Unis envoient des milliards de dollars d'équipement militaire à Taïwan mais je ne devrais pas être autorisé à recevoir un appel de félicitations"

La Chine pourrait soutenir "des forces hostiles aux États-Unis", estime un journal chinois

"Je ne sais pas pourquoi nous devons être liés à une politique d'une Chine unique, à moins que nous passions un accord avec la Chine pour obtenir d'autres choses, y compris sur le commerce", a estimé Donald Trump.

La Chine s'est dite "gravement préoccupée" lundi par les déclarations de Donald Trump. Si Washington devait revenir sur cet engagement, "il ne saurait plus être question de croissance saine et régulière des relations sino-américaines", a averti lors d'un point de presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang.

"La politique de la Chine unique ne peut être négociée", a tancé dès lundi une tribune non signée publiée sur le site internet du quotidien nationaliste chinois Global Times, jugeant Donald Trump "aussi ignorant en diplomatie qu'un enfant".

Si le prochain président américain soutient ouvertement l'indépendance de Taïwan et accroît les ventes d'armes à l'île, Pékin pourrait alors soutenir "des forces hostiles aux États-Unis", menace l'auteur de l'article. "Pourquoi ne pourrions-nous pas les soutenir, ou leur vendre secrètement des armes?", menace-t-il.

Le président américain élu a également accusé la Chine de ne pas coopérer avec les États-Unis en matière de taux de change. "Nous sommes durement touchés par la dévaluation" de la monnaie chinoise, a soutenu le magnat de l'immobilier, qui soutient que cette politique monétaire permet de doper les exportations chinoises. Selon lui, l'Empire du Milieu "taxe" les produits américains "aux frontières, alors que nous ne taxons pas les leurs".

Trump cinglant avec la Chine depuis des mois

Le futur hôte de la Maison Blanche a également attaqué la politique de défense de la Chine, qui "construit une énorme forteresse en mer de Chine méridionale".

Concernant la menace présentée par les armes nucléaires de la Corée du Nord, le président élu a fait valoir que la Chine, le principal allié de Pyongyang, "pourrait résoudre ce problème". Mais "ils (les Chinois) ne font rien pour nous aider", a-t-il lancé.

Pourtant, la Chine a fin novembre voté en faveur de nouvelles sanctions, quand l'ONU a resserré l'étau des sanctions internationales autour de la Corée du Nord en plafonnant les exportations nord-coréennes de charbon vers la Chine.

Bien que particulièrement cinglant avec la Chine depuis des mois, Donald Trump a nommé cette semaine le futur ambassadeur dans le pays, Terry Branstad, un gouverneur qui cultive des liens avec le président Xi Jinping depuis 1985. La diplomatie chinoise a salué cette nomination, qualifiant Terry Branstad, 70 ans, de "vieil ami" , et espérant qu'il contribuerait "au développement des relations bilatérales".

Soutien de Trump de la première heure, Terry Branstad avait rencontré Xi Jinping une première fois en 1985. Ce dernier, qui n'était à l'époque qu'un simple responsable provincial chinois, avait alors visité l'Iowa, dont Terry Branstad était déjà gouverneur. Redevenu gouverneur en 2011, il s'est depuis rendu plusieurs fois en Chine. En 2012, il a organisé un dîner dans l'Iowa pour M. Xi, peu avant que ce dernier devienne président.

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