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En Syrie, Daech a repris la ville antique de Palmyre

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PALMYRA
En Syrie, Daech a repris la ville antique de Palmyre | Getty Images/Moment Open
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INTERNATIONAL - L'armée syrienne a poussé son avantage en prenant deux nouveaux quartiers à Alep-Est, que des milliers d'habitants fuient, mais elle a dû abandonner la ville antique de Palmyre, reconquise dimanche 11 décembre par les jihadistes du groupe État islamique (EI).

L'EI s'était emparé du château-fort le 23 mai 2015 et y avait hissé son drapeau avant d'en être chassé le 25 mars dernier. Le château a été construit par les Mamelouks au 13e siècle sur la colline qui surplombe le célèbre site antique.

Les jihadistes font preuve d'une grande mobilité qui les rend capables de lancer des attaques puis de se retirer rapidement, surtout dans des zones désertiques comme la région de Palmyre. C'est ainsi que, durant la nuit de samedi à dimanche, des violents raids de l'aviation russe les avaient d'abord "contraints à se retirer à l'aube, quelques heures après leur entrée" dans Palmyre, selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les jihadistes "passent la ville au peigne fin"

La Russie est un allié du régime de Damas qu'il soutient militairement depuis septembre 2015. "Au cours de la nuit, des troupes du gouvernement syrien avec un soutien actif de l'armée de l'Air russe ont mis en échec toutes les attaques terroristes à Palmyre", précise son communiqué. Les frappes aériennes russes ont permis de tuer plus de 300 membres de l'EI et de détruire 11 chars et 31 véhicules, a précisé le communiqué russe.

Mais, profitant du fait que le gros des troupes du régime était mobilisé à Alep, les jihadistes ont finalement pu reprendre la totalité de cette ville du centre du pays. "L'EI a repris dimanche, en dépit des bombardements russes, le contrôle de la totalité de Palmyre après le retrait de l'armée syrienne au sud de la ville", a indiqué Rami Abdel Rahmane, et les jihadistes "passent la ville au peigne fin" pour trouver le moindre soldat syrien qui resterait.

L'EI avait pris en mai 2015 le contrôle de cette ville classée au patrimoine mondial de l'Humanité, où il avait détruit ou endommagé une partie des ruines antiques.

Alep-Est presque entièrement aux mains du régime

Le retour de l'EI à Palmyre est intervenu alors que l'armée du régime resserrait l'étau sur les rebelles assiégés à Alep-Est, qu'elle contrôle désormais à 85%. L'Assemblée générale de l'ONU a demandé vendredi un cessez-le-feu immédiat à Alep tandis que Washington qualifiait de "crimes de guerre" l'offensive du régime syrien.

Plus de 10.000 civils supplémentaires ont fui les quartiers rebelles d'Alep en 24 heures pour rejoindre des secteurs sous contrôle gouvernemental, a indiqué lundi l'OSDH. Environ 130.000 civils ont quitté les quartiers tenus par les rebelles depuis le début, le 15 novembre, d'une vaste offensive des forces loyales au régime de Bachar al-Assad pour reprendre la totalité de la deuxième ville de Syrie.

La perte attendue d'Alep-Est, place forte de l'opposition, est "politiquement très importante" car elle va "briser l'opposition armée", estime Yezid Sayigh, expert au Centre Carnegie Moyen-Orient, à Beyrouth. Parallèlement, "l'idée que le régime puisse être renversé militairement est définitivement abandonnée" plus de cinq ans et demi après le début de la guerre.

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