Huffpost Maroc mg

Amine Tazi: "Sans incitation fiscale, il sera difficile d'attirer plus de producteurs étrangers au Maroc"

Publication: Mis à jour:
AMINE TAZI STUDIOS OUARZAZATE
Amine Tazi: "Sans incitation fiscale, il sera difficile d'attirer les producteurs étrangers au Maroc" | HuffPost Maroc
Imprimer

CINÉMA - Souvent surnommé le "Hollywood" d'Afrique, Ouarzazate a vu débarquer le week-end dernier une délégation de producteurs américains de cinéma et de télévision, invités au Maroc à l'occasion du Festival international du film de Marrakech.

Une visite qui avait pour objectif de montrer les potentialités de tournage dans le royaume, à l'heure où le Maroc cherche à attirer les productions américaines à gros budgets. Amine Tazi, directeur des Studios Atlas et CLA de Ouarzazate, nous explique les enjeux de cette visite et sa vision du festival de Marrakech qui, en dehors de sa vocation artistique, permet aussi au Maroc de faire sa promotion.

HuffPost Maroc: Une délégation de producteurs américains s'est rendue à Marrakech et Ouarzazate à l'occasion du FIFM. Semblaient-ils intéressés pour venir tourner ici?

Amine Tazi: Plusieurs patrons de studios de cinémas et producteurs, qui représentent tout de même 30 milliards de dollars, ont en effet été invités à l'initiative du prince Moulay Rachid. Il s'agissait de leur montrer les potentialités que présente le Maroc en tant que terre de tournage, et leur faire rencontrer les personnes qu'il faut. Les cinq principaux producteurs exécutifs marocains et moi-même les avons accompagnés pendant tout leur séjour. Ils sont intéressés mais ils attendent beaucoup de la mesure d'incitation fiscale pour les productions étrangères, qui leur permettrait d'avoir un rabais sur leurs dépenses de tournage, or celle-ci n'est toujours pas entrée en vigueur. Sans la mise en oeuvre de cette taxe spéciale, il sera très difficile de les attirer.

Risquent-ils de se tourner vers d'autres pays pour tourner?

De très nombreux pays offrent en effet des avantages fiscaux pour les productions. Déjà près d'une trentaine d'Etats aux Etats-Unis en proposent. Le Nouveau-Mexique, la Californie, les îles Canaries sont des concurrents pour nous. Il suffit d'avoir un peu de désert, et avec les effets spéciaux, il est facile pour les productions de recréer le paysage qu'il leur faut. Cela ne veut pas dire qu'on n'aura plus de tournages, car le Maroc présente de nombreux avantages, mais cette taxe est néanmoins devenue primordiale pour attirer beaucoup plus de productions.

Pourquoi cette incitation fiscale n'est toujours pas entrée en vigueur?

Pour des raisons politiques. C'est bloqué au niveau du ministère de la Communication qui n'a pas encore signé le texte passé au Parlement. Nous espérons que le nouveau gouvernement accélèrera les choses, car c'est devenu indispensable si l'on veut faire rentrer plus d'argent.

Avez-vous des tournages étrangers prévus pour 2017?

Pour l'instant, on ne peut rien dire. Nous avons des réservations "au crayon", c'est-à-dire qu'elles ne sont pas encore signées, mais je ne peux pas en parler.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur le festival du film de Marrakech?

Le festival se professionnalise de plus en plus. Nous sentons davantage la touche marocaine dans les équipes de gestion, qui ont acquis une expérience certaine au fil des années. On ne peut pas comparer le festival de Marrakech à d'autres festivals, car nous n'avons pas de marché du film, par exemple. Mais la vocation de ce festival, c'est de faire découvrir des nouveaux talents marocains, d'organiser des rencontres, et aussi de faire connaître la destination Marrakech. Il ne faut pas oublier que la première édition a été créée juste après les attentats du 11 septembre 2001, et le Maroc a su relever le défi d'organiser un événement de cette envergure, avec beaucoup de stars américaines qui avaient fait le déplacement.

Selon vous, il est donc appelé à perdurer?

Oui, bien sûr, et il va s'améliorer. Reste maintenant à voir comme il va évoluer, vers la création d'un marché du film, par exemple. Mais aujourd'hui, c'est un festival généraliste, la qualité des films est au rendez-vous, et la sélection est très bien faite. Nous souhaitons bien sûr un peu plus de films marocains de bonne facture, mais c'est aux producteurs et réalisateurs de faire du bon travail.

LIRE AUSSI: Sarim Fassi Fihri: "La priorité n'est pas la production de films mais la construction de salles de cinéma" (INTERVIEW)

À lire aussi sur le HuffPost Maghreb

Close
Visite des studios de Ouarzazate
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction