La Russie a aidé Donald Trump à gagner l'élection avec l'aide de WikiLeaks, selon la CIA

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DONALD TRUMP
BATON ROUGE, LA - DECEMBER 9: President-elect Donald Trump speaks at the Dow Chemical Hangar, December 9, 2016 in Baton Rouge, Louisiana. Trump is in Louisiana to campaign for Republican U.S. Senate candidate John Kennedy. (Photo by Drew Angerer/Getty Images) | Drew Angerer via Getty Images
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Moscou avait donc un plan pour Donald Trump, qu'elle a su réaliser. D'après une évaluation secrète de la CIA dont le Washington Post se fait l'écho vendredi 9 décembre, la Russie a interféré dans la présidentielle pour aider Donald Trump à gagner. L'actuel président américain Barack Obama avait ordonné un rapport sur les piratages informatiques menés pendant la campagne.

L'équipe du magnat de l'immobilier a immédiatement rejeté les conclusions de la CIA, jugeant que les analystes qui y sont parvenus "sont les mêmes que ceux qui disaient que (l'ancien président irakien) Saddam Hussein disposait d'armes de destruction massive".

Mais un peu plus d'un mois après le scrutin qui a vu le républicain l'emporter face à Hillary Clinton, des interrogations demeurent sur la nature de l'ingérence russe dans la campagne.

Des emails d'Hillary Clinton confiés par la Russie à WikiLeaks

Pour tenter d'y voir plus clair avant de remettre les clés de la Maison Blanche à Donald Trump le 20 janvier, le président Obama a réclamé en début de semaine un "examen complet sur ce qui s'est passé lors du processus électoral 2016", a expliqué vendredi sa conseillère à la sécurité intérieure, Lisa Monaco.

Quelques heures plus tard, le Washington Post a révélé qu'une évaluation secrète de la CIA concluait que des personnes liées à Moscou ont fourni au site WikiLeaks des emails piratés sur les comptes de l'ancien directeur de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, John Podesta, et du parti démocrate, entre autres.

"La communauté du renseignement estime que l'objectif de la Russie était de favoriser un candidat par rapport à un autre, d'aider Trump à être élu", a indiqué au Washington Post un haut responsable mis au courant d'un exposé fait par le renseignement à des sénateurs.

Le Post note toutefois que l'évaluation de la CIA est loin de constituer un rapport en bonne et due forme reflétant la position des 17 agences américaines du renseignement.

Aucune preuve

Et des interrogations demeurent. Le renseignement américain ne dispose d'aucune preuve montrant que des responsables du Kremlin auraient "ordonné" à des intermédiaires de transmettre les emails piratés à WikiLeaks, note un interlocuteur du quotidien.

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange se défend d'avoir été manipulé par la Russie pendant la campagne américaine. Et, selon l'évaluation de la CIA, Moscou aurait eu recours à des "intermédiaires" pour éviter d'être directement mêlé à ces pratiques.

À Washington, la Maison Blanche a promis de partager les conclusions du rapport demandé par Barack Obama avec les élus du Congrès mais souligné qu'il contiendrait nécessairement des informations très sensibles qui ne pourraient pas toutes être communiquées au grand public.

"Il faut être clair: il ne s'agit pas d'une tentative visant à remettre en cause le résultat de l'élection", a par ailleurs précisé Eric Schultz, porte-parole de l'exécutif américain.

"C'est devenu risible" selon Trump

Début octobre, le département de la Sécurité intérieure (DHS) et la direction du renseignement (DNI) avaient conclu que la Russie avait piraté les comptes de personnalités et d'organisations politiques dans le but "d'interférer dans le processus électoral américain".

Donald Trump considère-t-il que les conclusions des agences de renseignements étaient politiquement motivées? "Je le crois", a répondu le président élu au magazine Time. "C'est devenu risible (...) À chaque fois que je fais quelque chose, ils disent 'oh, c'est la Russie qui s'en est mêlée'", a-t-il lancé.

Selon Susan Hennessey, ex-avocate de l'agence de renseignement NSA devenue experte en cybersécurité au centre de réflexion Brookings, le problème de l'interférence de Moscou est réel et ce dossier ne peut se résumer à des manoeuvres politiciennes fomentées par des perdants amers. "L'élection était vraiment très serrée, c'était un événement important. Et c'est pour ça que c'est crucial d'avoir des réponses vraiment sérieuses à tout ça", affirme-t-elle à l'AFP.

Publiés au compte-gouttes pendant des mois avant l'élection, les emails piratés ont rythmé la campagne. Plusieurs d'entre eux du parti démocrate, publiés juste avant la convention d'investiture du parti en juillet, ont conduit à la démission de sa présidente, Debbie Wasserman Schultz. Ils ont aussi révélé des détails sur les discours rémunérés d'Hillary Clinton devant des banquiers de Wall Street.

Début septembre, le directeur de la police fédérale (FBI) James Comey avait dit prendre "très au sérieux" le risque d'ingérence d'un pays étranger dans le processus électoral américain.

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