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Human Rights Watch dénonce les "expulsions sommaires" de migrants

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MIGRANTS ALGERIA
A Sub-Saharan woman does some washing-up at the bottom of a makeshift building, where she lives with other fellow migrants in impoverished conditions, on May 29, 2016, in the capital Algiers. In the past, Algeria was a land of emigration, millions of its citizens exiled to France, but in recent years it has become a destination country for many West Africans. Nigerians, Malians, Cameroonians, brave the horrors of the Sahara to find refuge in the largest country in Africa, as the crossing to Eur | FAROUK BATICHE via Getty Images
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Human Rights Watch (HRW) a dénoncé vendredi 09 décembre 2016 les "expulsions sommaires" de migrants de l'Algérie, accusant les autorités algériennes de "violation des leurs droits", dans un communiqué publié sur son site Internet.

Environ 1.400 migrants ont été "raflés" -selon les termes de la LADDH- la semaine dernière dans plusieurs quartiers de la wilaya d'Alger, dont Dely Ibrahim. Après avoir été arrêtés, ils ont été transportés par bus vers Tamanrasset pour être acheminés ensuite vers le Niger.

Ces rapatriement, qualifiés d'"expulsions sommaires" par des associations de protection des droits de l'Homme, dont la LADDH et Human Rights Watch, constituent une "violation des droits" des migrants et des réfugiés, a estimé Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de cette ONG.

"En qualité de signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, l'Algérie n'a pas le droit de renvoyer de force toute personne reconnue comme réfugié, demandeur d'asile ou tout autre étranger dans un lieu où elle serait menacée de persécution, de torture ou soumise à des traitements dégradants et inhumains", a-t-elle affirmé.

Et cette ONG, soulignant avoir contacté plusieurs migrants "expulsés" mardi 6 décembre, affirme que "les personnes emmenées de force à Tamanrasset, dans le sud de l'Algérie, incluent des réfugiés et demandeurs d'asile enregistrés ainsi que des migrants qui vivent et travaillent en Algérie depuis des années".

HRW dit ainsi regretter que les forces de l'ordre "'n'aient pas filtré les personnes concernées pour vérifier leur situation ou statut de réfugié".

Dans le même communiqué, cette association ne manque pas de relater des témoignages de migrants, ayant été "maltraités" ou "dépossédés de leurs affaires".

HRW est ensuite revenue sur les propos de Farouk Ksentini. Le président de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l’Homme (CNCPPDH) avait accusé les migrants de "propager le sida et les MST en Algérie", déclarant que ces maladies sont "ordinaires pour eux".

"L'Algérie est signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et à son Protocole de 1967. Cette Convention interdit aux États d'expulser ou de renvoyer un réfugié vers un lieu où sa vie ou sa liberté serait menacée, selon le principe du non-refoulement", rappelle ensuite HRW.

Cette ONG exige ainsi que les autorités algériennes "accorde aux réfugiés la possibilité de contester la décision".

"En cas d'expulsion qui n'aboutirait pas à un refoulement, les États parties à la Convention n'ont pas le droit d'expulser un réfugié se trouvant régulièrement sur leur territoire sauf pour des raisons concernant la sécurité nationale et l'ordre public. Dans ces cas particuliers, la Convention exige de l'État qu'il accorde aux réfugiés la possibilité de contester la décision", conclut-on.

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