Huffpost Maroc mg

Les jeunes filles accusées d'homosexualité remises à leur famille

Publication: Mis à jour:
GIRLS HOLDING HANDS
Les jeunes filles accusées d'homosexualité n'iront pas en prison | Shutterstock / Tadas_Naujokaitis78
Imprimer

HOMOSEXUALITÉ - S. et H. n'iront pas en prison. Le verdict du procès de ces deux jeunes filles de 16 et 17 ans accusées d'homosexualité à Marrakech est tombé vendredi matin: les deux mineures ont été remises à leur famille.

Arrêtées le 17 octobre dernier, elles risquaient, selon l'article 489 du code pénal, de 6 mois à 3 ans de prison. "Il n'y a ni prison, ni peine avec sursis", se réjouit l'un des avocats Rachid Elghourfi, joint par le HuffPost Maroc.

A la veille du verdict, il se disait "très confiant", expliquant que l'audience du 25 novembre avait permis de mettre en lumière les contradictions entre les déclarations des accusées et celles du procès verbal. Par ailleurs, selon la défense, les photos dont il était question au début de l'affaire, photos montrant les amies en train de s'embrasser, ne figuraient pas dans le dossier.

"Pour nous, cette arrestation était arbitraire, déclare au HuffPost Maroc Omar Arbib, membre de l'AMDH à Marrakech, le verdict s'aligne avec la loi."

"Les filles remises à leurs famille, sans aucune condamnation, les filles sont INNOCENTES", réagit dans un communiqué l’Union féministe libre.

Les militants estiment que la mobilisation à la fois d'instances internationales, des médias et d'associations marocaines et étrangères a payé. Des associations qui continuent de réclamer l'abrogation de l'article 489.

"Il faut ouvrir un grand débat public sur les libertés individuelles, réclame Omar Arbib, sur l'homosexualité mais aussi sur la liberté religieuse."

Hakim Sirouk, lui aussi membre de l'AMDH, estime que "le chemin est encore long pour écraser cette loi" et que "la société reste conservatrice". "C'est très compliqué, dit-il, mais on va continuer de lutter."

LIRE AUSSI: