La présidente sud-coréenne Park Geun-Hye destituée par le parlement

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PARK GEUNHYE
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INTERNATIONAL - Les députés sud-coréens ont voté, vendredi 9 décembre, une motion de destitution contre la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, la privant de ses pouvoirs exécutifs à cause d'un vaste scandale de corruption. Le texte a été adopté par 234 voix contre 56, soit largement la majorité des deux tiers des 300 votes nécessaires.

Les pouvoirs de Park Geun-Hye sont suspendus le temps que la Cour constitutionnelle entérine ou non la destitution. Ce processus durant lequel elle n'aura plus de présidentiel que le titre pourrait durer jusqu'à six mois, avec pour toile de fond l'incertitude et la paralysie politiques.

"Je suis tellement désolée pour tous les Sud-Coréens d'avoir créé ce chaos national par ma négligence alors que notre pays fait face à tant de difficultés, allant de l'économie à la défense nationale", a déclaré la présidente déchue, dans une adresse télévisée.

Des manifestations monstre

Ce vote signe une étonnante disgrâce pour une présidente jadis appelée la "Reine des élections". Park Geun-Hye est entrée à la Maison bleue, la présidence sud-coréenne, en affirmant ne rien devoir à personne et être "mariée à la nation".

Après un peu moins de quatre ans de mandat, elle affronte la perspective de devenir le premier chef de l'Etat sud-coréen démocratiquement élu à être mis dehors.

La motion de censure l'accuse notamment de violations de la Constitution et de délits pénaux, échec à protéger le peuple,corruption, abus de pouvoir... L'adoption du texte, soutenu par l'ensemble des 171 députés indépendants et de l'opposition, a été rendue possible par les "oui" d'une faction rebelle au sein du parti conservateur la présidente, le Saenuri.

L'ombre de la "Raspoutine" sud-coréenne

Ce vote s'explique en bonne partie par les manifestations monstre qui ont vu des millions de personnes descendre dans la rue pour exiger le départ de la présidente.

Le scandale qui fascine le pays et à l'international est centré sur Choi Soo-Sil, amie proche de la présidente. Arrêtée début novembre, cette confidente de l'ombre attend son procès pour extorsion et abus de pouvoir.

La "Raspoutine" sud-coréenne est accusée d'avoir utilisé ses relations d'amitié avec la présidente pour forcer les groupes industriels à verser environ 70 millions de dollars à des fondations douteuses, et de s'être servie de ces dernières comme tirelire personnelle. Elle est aussi soupçonnée de s'être mêlée des affaires de l'Etat.

Les soupçons de corruption collent comme un sparadrap depuis des décennies à la classe politique sud-coréenne, et la Maison bleue n'est jamais apparue comme un sanctuaire de probité. Depuis les premières élections libres en 1987, tous les présidents ont eu à répondre, après leur mandat, d'accusations de corruption touchant souvent le comportement de leurs proches.

La tradition de la corruption

Au pouvoir de 2003 à 2008, Roh Moo-Hyun s'est même suicidé en 2009 alors que le parquet enquêtait sur des versements suspects à son épouse et sa nièce.

Dans une société où la classe politique entretient traditionnellement des rapports malsains avec le gratin économique, ces familiers avaient coutume de se servir de leurs liens avec le chef de l'Etat pour obtenir des faveurs.

Fille du dictateur Park Chung-Hee, au pouvoir de 1961 à 1979, Park Geun-Hye ne devait pas, sur le papier, être rattrapée par ces travers. Ses deux parents furent assassinés, en 1974 et 1979, elle n'avait ni mari ni enfant, n'entretenait plus de relations avec son frère et sa soeur et se croyait invulnérable au népotisme.

"Je n'ai pas de famille à surveiller, pas d'enfant qui hériteront de mes biens", avait-elle dit lors de sa campagne en 2012. "Je veux me consacrer à la Nation et au peuple".

Cette image a séduit l'électorat conservateur, qui la percevait comme la survivante vertueuse d'une histoire personnelle tragique. Le choc suscité par les révélations sur l'étendue de l'emprise de Choi Soo-Sil n'en a été que plus grand.

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