État des lieux de la corruption en Tunisie

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CORRUPTION
Shutterstock / Maryna Pleshkun
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En ce 9 décembre 2016, la Tunisie comme la plupart des pays du monde célèbre la journée internationale de lutte contre la corruption. Cette journée qui commémore le lancement par les Nations unies de la Convention mondiale contre la corruption, entrée en vigueur en décembre 2005, représente une occasion pour se rappeler des dégâts causés par ce fléau et faire le tour des principaux chiffres et données qui y sont relatifs. Alors, où en est la Tunisie en matière de lutte contre la corruption?

IPC: La Tunisie classée 76 ème devant le Maroc et l’Algérie

D’après l’indice de perception de la corruption 2015, la Tunisie occupe la 76 ème place devant l’Algérie, le Maroc, l’Egypte et la Libye. Elle se place en 13ème position sur le plan africain.

Ce classement, publié en 2016, par l’ONG Transparency International, révèle que la corruption continue d’affecter de nombreux pays à travers le monde malgré la mobilisation croissante de la société civile.

Selon cet indicateur, c’est le Danemark qui conserve sa première place tandis que la Corée du Nord et la Somalie qui obtiennent les plus mauvais résultats.

En 2016, près de 2000 dossiers d’affaires de corruption reçus par l’INLUCC

Dans son dernier rapport publié le 30 août dernier, l'Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC) a affirmé avoir reçu 1937 dossiers d'affaires, depuis le début de l'année 2016. Parmi eux, 832 dossiers ont été remis aux enquêteurs et 106 dossiers à la Justice.

Selon la même source, entre 2011 et 2015, 10.048 dossiers ont été enregistrés au bureau d’ordre, dont 8.667 ont été étudiés.

http://www.inlucc.tn/%D8%A7%D9%84%D8%B9%D9%85%D9%84%D9%8A%D8%A7%D8%AA-%D8%A7%D9%84%D8%AC%D8%A7%D8%B1%D9%8A%D8%A9/%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B3%D8%AA%D8%AC%D8%AF%D8%A7%D8%AA/?tx_ttnews%5Btt_news%5D=112&cHash=4129833da1480d23cad92c58d7768902

Le secteur public pointé du doigt

D’après un sondage réalisé Transparency International, 69% des Tunisiens sondés considèrent le secteur public comme étant corrompu.

Selon le président du comité national de lutte contre la corruption, Chawki Tabib, les ministères les plus touchés sont les ministères de l’Intérieur, des Domaines de l’Etat, les finances publiques, de la santé et des marchés publics.

Les régions les plus touchées

Quant aux régions les plus touchées par la corruption, Chawki Tabib a révélé dans une déclaration accordée à Mosaïque Fm que le Grand Tunis, Sfax, Nabeul et Sousse sont les plus concernés.

60% des dénonciateurs de corruption sont des hommes

Le président de l’INLUCC, Chawki Tabib, a révélé, en octobre dernier, à la TAP, qu’environ 60% des dénonciateurs de corruption sont des hommes. Selon lui, ce constat "n’est pas vraiment surprenant", dans la mesure où la femme tunisienne demeure encore soumise à un "modèle social patriarcal" qui l’empêche de dénoncer ces abus, notamment ceux liés à "l’extorsion de faveurs sexuelles".

Des pertes colossales pour l’Etat

La corruption fait perdre 25% de la valeur totale des marchés publics à l'État en raison de la corruption dans la gestion des achats publics, ce qui représente une dilapidation des fonds publics .

Pour le juge au Tribunal administratif Ahmed Souab, les formes de corruption pratiquées en Tunisie sont l'évasion fiscale et les fausses déclarations d'impôt qui coûtent à l'Etat environ 50 mille milliards.

Comment le Tunisien explique l’amplification du phénomène de Corruption?

Selon une étude réalisée par Sigma conseil , 24,4% des sondés pensent que le manque de contrôle favorise la corruption au sein de l’administration tunisienne, alors que 19,4% trouvent que la corruption est due à un manque d’organisation.

Quelque 51% des Tunisiens expliquent l’amplification du phénomène de la corruption par la dégradation de la situation matérielle des agents publics.

Mais le gouvernement combat-il la corruption?

Selon l’étude de Transparency International , 62% des Tunisiens sondés estiment que le gouvernement ne combat pas comme il faut la corruption en Tunisie.

Des solutions? La signature de la charte pour lutter contre la corruption

Une charte dite de "stratégie contre la corruption" engageant le gouvernement, la société civile et les médias, a été signée aujourd’hui par le chef du gouvernement Youssef Chahed et le président de L'Instance nationale de la lutte contre la corruption (INLUCC), Chawki Tabib, lors du congrès national sur la lutte contre la corruption organisé depuis jeudi par l'INLUCC et le ministère de la Fonction publique à Tunis.

”La lutte contre la corruption est l’une des priorités du gouvernement de l’Union Nationale" a affirmé Youssef Chahed dans de son allocution lors du congrès.

Création d’un nouveau poste de conseiller chargé de la lutte contre la corruption

M. Chahed a annoncé dans ce sens qu’un nouveau poste de conseiller chargé de la lutte contre la corruption sera créé au sein de la présidence du gouvernement pour développer les relations avec les parties concernées par ce fléau.

Mobilisation de 6 millions de dinars par an pour la lutte contre la corruption

Chawki Tabib a, pour sa part, expliqué que la concrétisation de cette stratégie devrait mobiliser une enveloppe de 6 millions de dinars par an. Ce montant sera consacré aux campagnes de sensibilisation.

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