La "sécurité numérique", le débat n'est jamais de trop en Algérie

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La bonne sécurisation d’une connexion à Internet via un réseau d’accès mobile ou fixe ne fait pas appel uniquement au déploiement d’un anti-virus ou d’un pare-feu. Face aux menaces atypiques bien connues dans le domaine du numérique, le mauvais usage de l’Internet, fait courir des risques majeurs au réseau du provider et aux données des entreprises et des utilisateurs. Ces questions et d’autres ont fait l’objet de débat à lors d’une rencontre de la faculté de l’Electronique et de l’Informatique de l’USTHB.

Les services numériques effectués via Internet en Algérie sont-ils protégés ? C’est le sujet qui a été débattu, le 30 novembre et 1er décembre 2016, lors de la première édition de « l’école de sécurité informatique » organisée par le Laboratoire des Systèmes Informatiques (LSI) de la faculté de l’Electronique et de l’Informatique (FEI) de l’Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene (USTHB).

La rencontre a été animée par plusieurs chercheurs qui ont abordé une série de thématiques liées au contrôle d'accès aux réseaux, à l’authentification de diffusion dans les réseaux de capteurs, la vie privée et l’anonymat dans la société numérique, la sécurisation de l’identité numérique, l’investigation numérique, l’Internet des objets et la certification électronique.

« Le but de cette rencontre n’est pas ici de détailler l’épineux problème de la sécurisation des réseaux mais de l’étudier sur un plan purement académique et d’examiner sa projection dans le monde réel. L’impact de l’internet des objets sur la sécurité numérique est l’un des sujets abordés.

Les objets connectés, comme la montre intelligente (smart watch), la voiture connectée, le réfrigérateur intelligent, sont des éléments qui viennent se greffer à Internet. Ils sont présents dans l’environnement personnel, familial et professionnel. Ces objets vont donc contribuer au bien-être de l’utilisateur mais avec un risque conséquent sur sa vie personnelle et son intimité. Il peut être, en effet, visible et accessible partout et à tout moment d’où le fort bousculement de sa vie privée. La généralisation de l’Internet des objets (IoT – Internet Of Things) relancera la problématique de la protection des vies privées », indique professeur Abdelkader Belkhir, Directeur du laboratoire LSI.

L’anonymat en ligne, un enjeu majeur

« La thématique de l’anonymat en ligne est également un enjeu majeur du futur de la sécurité informatique », affirme encore Pr. Belkhir, pour qui « l’anonymat sur le Net peut être avantageux pour l’usager dans la mesure où il peut surfer sur la toile sans se faire repérer ».

« Malheureusement, sous couvert d’anonymat, des cyberattaques peuvent être commises par des internautes. Le nombre de ces attaques et leurs fréquences sont en nette augmentation, et chaque entreprise active sur le Net est désormais une cible potentielle. Il serait alors difficile d’établir le lien entre l’auteur supposé de l’attaque et l’individu réel qui est derrière. Il est donc utile d’étudier cette problématique pour mettre en place des solutions de levée partielle ou totale de l’anonymat en ligne », nous a déclaré l’intervenant.

Les participants ont ensuite débattu le thème de « l’investigation numérique ». Selon le premier responsable du LSI, l’investigation numérique permet d’établir les preuves pour élucider un crime numérique lié au monde réel. « Aujourd’hui, les crimes numériques sont de plus en plus nombreux. L’utilisation des réseaux sociaux pour commettre des actes subversifs, pédophiles et des vols d’identités bancaires.

Pour pouvoir établir l’identification des coupables qui utilisent des pseudonymes, il est nécessaire d’établir une investigation numérique qui demande une très bonne maîtrise de l’univers informatique. Les besoins en outils de l’investigation numérique englobent plusieurs domaines. L’analyse des supports numériques et des virus informatiques, ainsi que les méthodes et les outils d’investigation sur les réseaux en sont des exemples », ajoute Pr. Belkhir.

Les travaux de cette première rencontre de « l’école de sécurité » du Laboratoire LSI ont été clôturés par un exposé sur le concept de « l’autorité de certification » et l’état des lieux du projet de sa mise en place en Algérie. « La question de la certification électronique a suscité un grand débat sur le modèle choisit par les autorités. Le certificat électronique ouvre d’autres voies à la sécurité numérique en Algérie. De plus en plus sollicité dans les échanges avec l’administration publique, le certificat sécurise d’autres applications notamment dans le secteur du commerce électronique.

C’est une bonne solution d’authentification qui permet de rassurer aussi bien le citoyen que les autorités publiques », commente le professeur Belkhir.

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