Audition de Sihem Ben Sedrine à l'Assemblée des représentants du peuple: Les députés s'emportent

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BEN SEDRINE
FETHI BELAID/AFP/Getty Images
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Prévu pour lundi dernier, l’examen du projet de budget de l’Instance Vérité et Dignité (IVD) pour l’année 2017 par les députés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) se tient finalement aujourd’hui.

La décision du report a été décidée après le vote des députés de l’ARP (90 pour, 55 contre) suite à l’absence de la présidente de l’Instance, Sihem Ben Sedrine, qui était en voyage au Panama pour participer à un congrès contre la corruption. Lundi dernier, le groupe Ennahdha était pour la poursuite de l’examen du budget de l’IVD malgré l’absence de Ben Sedrine, alors que celui de Nidaa Tounes optait pour le report.

Plusieurs députés se sont exprimés au cours de cette plénière. Entre courroux et soutien, voici leurs réactions.

Le député de Nidaa Tounes Walid Jellad est allé jusqu'à exiger la démission de Ben Sedrine en mettant en doute le respect de cette dernière par la juridiction administrative. “L’IVD est une instance sélective,”a-t-il noté.

Pour la députée d’Al Horra Rebha Ben Hassine, les auditions publiques n’étaient qu’une pièce de théâtre faussée qui déforme l’histoire. Elle a, par ailleurs, mis en question le choix de l’IVD de signer la convention de diffusion de ces auditions avec des chaînes étrangères avant de passer par les chaînes nationales. “L’IVD est accusée d’une malversation,”a-t-elle martelé.

“Avoir une femme à la tête de l’IVD ne peut être qu’une fierté,” a lancé, de son côté, la députée d’Ennahdha Yamina Zoghlami.

Le député du Front populaire Jilani Hammami a indiqué qu’il faut savoir les mécanismes de fonctionnement de l’ancien système pour pouvoir débattre la réconciliation. Il a noté que “viser l’IVD c’est viser le processus de la justice transitionnelle”.

Quant à la députée de Nidaa Tounes, Ons Hattab, elle a considéré l’IVD comme étant un outil de vengeance en affichant son soutien aux membres démissionnaires de l’IVD.

Samia Abbou du Courant Démocratique, a estimé que le budget proposé par l’IVD est raisonnable en notant que les 20 millions proposés sont minimes par rapport aux dépenses de la présidence lors des voyages inutiles, selon ses dires. Elle a noté que le problème n’est pas avec la présidente de l’Instance mais plutôt avec l’IVD.

Le député d’Ennahdha Mohsen Soudani a également félicité les efforts de Ben Sedrine en soulignant l’importance du rôle de l’IVD dans la justice transitionnelle.

La députée de Nidaa Tounes, Najia Abdelhafidh, a accusé Ben Sedrine de mener le pays vers un tsunami de chaos, et ce en faveur de parties étrangères. Elle a appelé la présidente de l’Instance à démissionner et à ne pas voter son budget.

“Plus vous attaquez l’IVD, plus vous la rendez forte,” a lancé Imed Daimi du bloc démocratique en ajoutant que cette instance, malgré ses défaillances, donne une bouffée d’oxygène.

Il est à noter que la séance plénière a démarré avec environ deux heures de retard. Avant le démarrage de la plénière, Adel Maizi, membre de l’IVD, a été empêché, à la demande des députés, d’assister à la plénière. Selon des représentants du peuple, Adel Maizi a tenté de les agresser au cours de la plénière de lundi dernier et a refusé de leur présenter ses excuses.

Dans une déclaration accordée à la TAP, Maizi a expliqué avoir exigé, au cours de la plénière de lundi dernier, ” le respect des institutions de l’Etat ” et refusé le report de la plénière.

Seuls la présidente et le vice-président de l’IVD assistent à la plénière. Les autres membres de l’instance ont décidé de boycotter la plénière en solidarité avec leur collègue Adel Maizi.

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