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Ils manifestent contre le projet de loi de Finances 2017: "Nous n'allons pas financer votre corruption" scandent les avocats

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LAWYERS TUNISIA
Zoubeir Souissi / Reuters
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Plus de 2.000 avocats ont manifesté mardi à Tunis contre les nouvelles dispositions fiscales qui leur ont été imposées dans le projet de budget 2017, actuellement examiné par le Parlement, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Avec notre âme, avec notre sang nous défendrons le métier d'avocat", ont crié les manifestants en robe noire devant le siège du gouvernement à la Kasbah, dans le centre de Tunis, après une marche silencieuse de quelques centaines de mètres.



"Les avocats sont en colère!", "Nous n'allons pas financer votre corruption", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les protestataires, dont beaucoup jugent les nouvelles mesures "injustes" et "inapplicables".

En cause, des taxes imposées pour chaque dossier traité, pouvant être déduites de l'impôt sur le revenu et prévues dans le projet de loi de finances 2017.

Cette nouvelle mesure "porte atteinte (...) à la liberté et à l'indépendance" des avocats, a dit à l'AFP Lotfi Arbi, président de la section Tunis de l'Ordre national des avocats, qui a lancé une grève ouverte lundi.

Ce mouvement ne fait toutefois pas l'unanimité, et sur les réseaux sociaux comme dans certains médias, les protestations des avocats ont été considérées comme une volonté de bénéficier d'un traitement spécial.

Selon le webzine Inkyfada, qui a analysé des données officielles, 60% des avocats enregistrés n'ont pas déclaré d'impôts en 2015, et "les avocats en règle paient en moyenne 228 dinars (92 euros) d'impôt sur le revenu par mois".

Pour l'avocate et députée Bochra Belhaj Hmida, cette pression des avocats "crée un sentiment de frustration auprès de tous les gens dont les impôts sont prélevés à la source".

"Nous sommes des défenseurs de la veuve et de l'orphelin mais aujourd'hui, nous sommes en train de donner l'impression que nous sommes les défenseurs de nos propres intérêts", a-t-elle dit à l'AFP.

"Il paraît que certains avocats oublient les principes élémentaires d'équité et de transparence lorsqu'il s'agit de mettre la main à la poche", a de son côté récemment écrit le journal francophone Le Quotidien.

Entré en fonctions fin août après que son prédécesseur a été jugé en échec sur l'économie, le gouvernement d'union est confronté à de vives réticences sur son projet de budget 2017.

Parmi les mesures décriées figurent la fiscalité mais aussi un gel des salaires d'un an dans la fonction publique.

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