Manuel Valls annoncera sa candidature à la présidentielle française 2017

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French Prime Minister Manuel Valls attends a news conference during an Interministerial Committee on Disability, in Nancy, France, December 2, 2016. REUTERS/Vincent Kessler | Vincent Kessler / Reuters
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POLITIQUE - C'est désormais officiel. Le Premier ministre français Manuel Valls annoncera sa candidature à l'élection présidentielle à 18H30 (heure locale) ce lundi 5 décembre, depuis l'hôtel de ville de son fief électoral d'Evry, a indiqué Matignon en début de matinée.

"Manuel Valls, Premier ministre, s'exprimera ce lundi 5 décembre à 18H30 à l'Hôtel de Ville d'Evry", écrit Matignon dans un courriel aux rédactions. L'entourage du Premier ministre a confirmé à l'AFP que le Premier ministre annoncerait bien à cette occasion sa candidature à l'élection présidentielle, qui ne faisait pas de doute après le renoncement du président français François Hollande.

Une semaine pile après un déjeuner à haute tension et quatre jours après le renoncement présidentiel, François Hollande et Manuel Valls se retrouveront pour déjeuner à 13H à l'Elysée.

Pour l'entourage de Manuel Valls, nommé à Matignon en mars 2014, sa démission ne fait guère de doute: "J'imagine mal, connaissant le Premier ministre, qu'il puisse considérer que, quand on a des responsabilités de très haut niveau, on puisse cumuler la casquette de candidat à l'élection présidentielle et celle de Premier ministre".

Samedi 3 décembre, la rumeur de l'annonce d'une candidature de Manuel Valls sur le plateau d'une télévision dimanche à 20h a couru dans la presse. Le service de presse du Premier ministre s'était néanmoins gardé de diffuser son agenda, comme habituellement. Sur celui de l'Elysée, diffusé dimanche soir, est toujours inscrit pour mercredi à 08h45 un entretien du président avec "M. Manuel Valls, Premier ministre".

Les deux têtes de l'exécutif auront en tout cas à coeur de ne pas donner une image de précipitation, notamment dans un contexte de menace terroriste élevée. "Tout sera pris en compte, la question d'un changement de Premier ministre aussi", dit-on à Matignon.

"Quelle que soit la décision prise par le Premier ministre, il s'agit de rebâtir rapidement un dispositif gouvernemental opérationnel", indiquait dimanche soir un proche du président.

Une primaire pas encore jouée

Le président de la république française "va s'engager vraisemblablement dans un remaniement, faisons en sorte que la France ne désarme pas pendant cette période, qu'elle reste mobilisée, unie", a averti l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac Dominique de Villepin, espérant que François Hollande "restera au-dessus de la mêlée" d'ici la fin du quinquennat.

Parmi les noms circulant pour succéder à Manuel Valls, ceux des ministres français Bernard Cazeneuve (Intérieur), Jean-Yves Le Drian (Défense), Stéphane Le Foll (Agriculture), Marisol Touraine (Santé) ou Najat Vallaud-Belkacem (Education).

Un conseiller d'un poids lourd gouvernemental tablait dimanche sur Bernard Cazeneuve, ne voyant "pas d'alternative". Une autre source gouvernementale ne voyait "que Cazeneuve ou Le Drian", avec un avantage au second qui pourrait plus facilement "cumuler" sa casquette actuelle avec Matignon.

Manuels Valls devra "rassembler"

Sa liberté retrouvée, Manuel Valls s'attellera à entrer dans ses habits de candidat, avec le souci sans doute de continuer d'atténuer les aspects les plus clivants de son discours, et d'obtenir de nouveaux ralliements - il a engrangé dimanche celui du député aubryste Olivier Dussopt.

"Il faut que Manuel Valls mute sur un certain nombre de choses", a convenu samedi un de ses soutiens, le député Philippe Doucet. "Je lui conseille amicalement d'être sur une position nouvelle de rassemblement (...) Il faut être soi-même mais offrir une nouvelle perspective", a déclaré dimanche le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, assurant par ailleurs qu'il ne prendrait pas parti entre les candidats.

Pour le Premier ministre français, dont les prises de position hostiles aux 35 heures ou à l'ISF ne manqueront pas d'être exhumées, la partie n'est pas jouée: elle sera même "difficile", pronostique Gilles Finchelstein, directeur général de la fondation Jean-Jaurès, proche du PS.

"François Hollande et Manuel Valls, c'est la même politique (...) on ne sait pas qui, de François Hollande ou de Manuel Valls, est la lame ou le manche du couteau qui a déchiré la gauche", a attaqué dimanche sur France Inter Arnaud Montebourg, premier et unique candidat à avoir déposé ses parrainages pour la primaire des 22 et 29 janvier. Après le "tout sauf Hollande", le "tout sauf Valls"?

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