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Entretien avec Fatima Harrandi, alias Raouia, membre du jury du FIFM

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RAOUIA MARRAKESH
MARRAKECH, MOROCCO - DECEMBER 02: Jury members Jason Clarke ,Suzanne Clement , Lisandro Alonso, Kalki Koechlin, jury president Bela Tarr, Fatima Harandi 'Raouia', Bruno Dumont, Bille August and Jasmine Trinca attend the 16th Marrakech International Film Festival Opening Ceremony on December 2, 2016 in Marrakech, Morocco. (Photo by Dominique Charriau/WireImage) | Dominique Charriau
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CINÉMA - Seule Marocaine du jury du Festival international du film de Marrakech cette année, Fatima Harrandi, alias Raouia, est une des grandes dames du cinéma national.

Celle qui, le 6 novembre dernier, recevait un prix au Festival du film de Carthage, passe de l'autre coté et est pour la première fois jurée dans un festival de cinéma.

À l'occasion d'une table ronde, nous avons interrogé l'actrice qui s'est confiée sur ses coups de coeur, ses doutes mais aussi les difficultés du métier d'actrice au Maroc.

"Je vais sur le plateau la peur au ventre"

Celle qui a déclaré "ne pas s'aimer" au cours de la conférence de presse du jury est une comédienne qui doute toujours. "Je reçois le scénario, je le lis une fois, je le range et je me dis que je ne sais pas comment jouer ce rôle, par où commencer et par où finir", explique Raouia.

"J’ai deux filles qui demandent à lire le scénario, et me disent que je suis capable de jouer ce rôle. Je vais sur le plateau, la peur au ventre, mais cet instant entre action et couper est un moment de transe."

"Je ne sais pas me préparer", continue Raouia, qui dit admirer les acteurs qui disent qu’ils ont vécu des mois avec le réalisateur, discuté du rôle pendant des heures. "Je ne sais pas faire ça c’est pour cela que lorsque je reçois un scénario, je suis persuadée de ne pas savoir comment préparer un rôle."

Révélée au grand public dans "Casanegra", l’expérience n’a pas du tout été évidente pour cette femme de caractère. "ça a été très dur pour moi après 'Casanegra', le public n’a pas fait la différence entre mon personnage et moi. J’ai eu droit à toutes sortes de réflexions dans la rue. Si ça ne concernait que moi, j'aurais supporté, mais mes deux filles subissaient également des réflexions, et ça, je ne l’ai pas accepté. Du coup, je me suis achetée une djellaba tétouanaise et je l’ai portée pendant un an, jusqu’à ce que cette histoire se tasse."

"On a un cinéma national mais les films n’étaient juste pas prêts"

Si la compétition n’a commencé que depuis quelques jours, un film en particulier a déjà touché la comédienne, "Le film qui m’a le plus touchée jusqu’à maintenant est 'The road to Mandalay'. L’actrice principale m’a beaucoup émue, elle a une gueule qui remplit les silences, et ce n’est pas facile de jouer le silence", nous confie-t-elle.

Le silence régnant sur le film a également plu à l'actrice, un style qui rend le spectateur moins dépendant des sous-titres. "Dans ce festival, nous regardons des films qui ne sont pas nécessairement en français ou en arabe. Beaucoup sont dans une langue étrangère et on reste à l’affut des sous-titres", précise l'actrice.

Concernant l’absence de films marocains en compétition, Raouia se montre compréhensive envers le festival. "Quand je me suis renseignée sur cette question, on m’a déclaré que beaucoup de films marocains sont en post-production. Mais avant cela, beaucoup de films marocains sont passés au festival de Marrakech. Nous avons un cinéma national mais les films n’étaient juste pas prêts."

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