Ce qu'il faut retenir du projet de gazoduc officiellement lancé par le roi Mohammed VI et le président nigérian

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GAZODUC MAROC NIGERIA
Le roi Mohammed VI et le chef de l'Etat nigérian Muhammadu Buhari lancent le projet de réalisation d’un gazoduc reliant le Nigéria et le Maroc | MAP
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INVESTISSEMENT - C'est l'un des projets phares lancés à l'occasion de la visite du roi Mohammed VI au Nigéria. Samedi 3 décembre au palais présidentiel à Abuja, le roi et le président nigérian Muhammadu Buhari ont présidé la cérémonie de lancement du projet de réalisation d'un gazoduc régional.

Ce vaste projet vise à relier les ressources gazières du Nigéria, celles de plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et le Maroc, selon l'agence MAP.

Les deux chefs d'Etat avaient déjà eu l'occasion de discuter de ce projet en marge de la COP22, qui s'est tenue mi-novembre à Marrakech, et à laquelle a assisté le président nigérian.

Accélérer l'électrification de la région

"Le pipeline sera conçu avec la participation de toutes les parties prenantes, dans le but d'accélérer les projets d’électrification dans toute la région, servant ainsi de base pour la création d’un marché régional compétitif de l’électricité", ont précisé les ministres des Affaires étrangères marocain et nigérian dans un communiqué conjoint lors de la cérémonie.

Ce gazoduc sera "susceptible d’être relié au marché européen de l’énergie et de développer des pôles industriels intégrés dans la sous-région dans des secteurs tels que l’industrie, l’agro-business et les engrais", ont souligné Salaheddine Mezouar et Geoffrey Onyeama.

Attirer les capitaux étrangers

Le projet gazier vise aussi à "attirer des capitaux étrangers, améliorer la compétitivité des exportations, et stimuler la transformation locale des ressources naturelles largement disponibles pour les marchés nationaux et internationaux", ont-ils précisé.

"D’importantes opportunités d’affaires devraient découler de ce projet pour les industriels et les investisseurs", ont ajouté les ministres.

Un projet appuyé par les deux fonds souverains

Un organe de coordination bilatéral, chargé de suivre ce projet, sera mis en place, appuyé par les fonds souverains des deux pays, à savoir la Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA) et Ithmar Al Mawarid (Ithmar Capital).

"Nous sommes à l'aube d'une nouvelle ère pour l'Afrique. L'Afrique façonnera elle-même son avenir et nous sommes extrêmement fiers de faire partie de cette marche unique vers la prospérité de notre continent", a indiqué le directeur exécutif de la NSIA, Uche Orji.

Vers une économie plus "verte"

Le Maroc avait déjà annoncé, lors de la COP22, un accord relatif à la création d'un Fonds d'infrastructure écologique pour l'Afrique, par l'intermédiaire de son fonds d'investissement souverain Ithmar Capital et de la Banque mondiale.

L'objectif principal de ce fonds est de "catalyser la transition vers une économie plus verte grâce à une croissance efficiente, à faible teneur en carbone et inclusive, un accès à l'énergie propre et une utilisation efficace de l'agriculture et des ressources en eau", a expliqué le directeur général d’Ithmar Capital, Tarik Senhaji.

Au terme de cette cérémonie, le roi Mohammed VI et le président Muhammadu Buhari ont présidé la signature de 14 conventions de coopération bilatérales, couvrant les domaines des investissements, de la formation, du renforcement des compétences des jeunes, des hydrocarbures et des mines, du tourisme, des banques, des finances, des assurances, et de la logistique.

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