La proposition de Mounia Meslem fait scandale dans la presse internationale

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MOUNIA MESLEM
ANTALYA, TURKEY - MAY 27: Algeria's Minister of National Solidarity, Family Affairs Mounia Meslem Si Ameur speaks at the opening session during the Midterm Review of the Istanbul Programme of Action at Titanic Hotel in Antalya, Turkey on May 27, 2016. The Midterm Review conference for the Istanbul Programme of Action for the Least Developed Countries takes place in Antalya, Turkey from 27-29 May 2016. The conference will undertake a comprehensive review of the implementation of the Istanbul Prog | Anadolu Agency via Getty Images
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Les propos de Mme Mounia Meslem, ministre de la solidarité nationale et de la condition féminine et néanmoins ancienne secrétaire générale de l'association féministe Rachda, sur les femmes-cadres qui doivent céder leurs salaires au trésor "car leurs maris pourvoient à leurs besoins" lui valent une soudaine renommée internationale mais pas en bien. Revue de presse.

Sa proposition de reverser les salaires des femmes mariées au trésor public fait scandale et pas qu'en Algérie. Les médias internationaux se sont vite fait l’écho de cette polémique. Sous le titre "En el Magreb, mujer contra mujer" (Dans le Maghreb, une femme combat la femme), le journal espagnol El Diario qualifie la déclaration de la ministre de "saugrenue". Le journal n'omet pas de rappeler que "la ministre est un avocate de formation et une des fondatrices de l'association Rachda des droits des femmes ce qui accentuent la portée de ses déclarations"

Quant au grand journal El Pais, il souligne que cette controverse intervient à un mauvais moment. Pour l'auteur du papier, "la ministre ne pouvait pas plus mal choisir le moment de faire cette proposition qui coïncidait avec l'adoption au parlement algérien des augmentations de taxes auront un lourd impact sur les prix du carburant, l'électricité, l'eau et le gaz, entre autres produits".

Les échos de la proposition de Meslem ne se sont pas limité à nos voisins européens. Le journal mexicain El Debate en a également parlé. Sous le titre "Polemica porpuesta de una ministra argelina" (la proposition controversée d'une ministre algérienne), le périodique mexicain souligne "l'énorme polémique suscitée par la proposition de Monia Meslem aux femmes mariées de renoncer à leurs salaires".

La classant dans liste des personnalités en mauvaise posture, le journal espagnol el diraio de Cordoba, affirme que cette proposition est "le comble".

Dans la presse française, le sujet n'a pas été boudé. Du journal Le Monde aux télévisions d'informations, chacun en a fait la lecture qui lui convenait. Sous le titre "En Algérie, une ministre appelle les femmes mariées à rendre leur salaire à l’Etat", Le Monde, note que "Mounia Meslem, qui a la charge de la solidarité nationale, considère que les femmes hauts fonctionnaires ont des maris pour...les entretenir".

Le tollé provoqué par cette déclaration est également rapporté par le journal L'express sous le titre "Algérie: la réflexion sexiste de la ministre de la Condition féminine passe mal". Pour le journal, "Mounia Meslem, la ministre algérienne de la condition de la femme doit regretter amèrement ses propos".

Quant aux sites RT, Russia Today, après avoir rapporté le tollé suscité par la proposition de Mme Meslem sur les réseaux sociaux, a rappelé que "en Algérie, ce n’est pas la première fois que la question du droit des femmes fait l’objet de polémiques". Le site met, en exrgue les épisodes "de lycéennes non-voilées, qui auraient été refoulées à l’entrée de leur lycée le jour de la rentrée des classes" et la mise en garde de Amnesty International en septembre dernier "face à l’augmentation des violences faites aux femmes après la mort d’une Algérienne brûlée vive".

La presse éditée en langue arabe a fait également sa lecture des déclaration de la ministre de la solidarité et de la condition féminine. Pour le site Iranien Al Alam, Mme Meslem n'a pas "mesuré la portée de ses propos". Le site américain CNN en langue arabe relève le lexique utilisé par la ministre soulignant le terme "entretien" (Al Qawama) employé par la ministre de la condition féminine. Une déclaration considérée comme insultante pour les femmes algériennes relève encore le site qui note que des médias arabes, français et mexicains ont rapporté "cette affaire" qui coïncide avec "une hausse des taxes et une diminution des masses salariales".

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