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Le gazoduc Nigéria-Europe passera par le Maroc

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M6
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ÉCONOMIE - Son coût est évalué à plusieurs milliards de dollars, et s'il se concrétise, il s'agira d'un succès de la diplomatie économique du royaume. Selon Economie-Entreprises, qui a rapporté l'information en exclusivité, le Maroc et le Nigéria signeront, en marge de la visite du roi Mohammed VI à Abuja, un mémorandum d’entente pour la construction d’un gazoduc reliant le Nigéria au Maroc.

Ce gazoduc longera les pays de la côte ouest-africaine, et le Maroc a déjà obtenu l’adhésion de plusieurs pays d'Afrique de l’ouest pour ce projet qui acheminera le gaz nigérian jusqu’au marché européen, rapporte Economie-Entreprises. L'information a été confirmée ce vendredi 2 décembre sur Twitter par le ministre nigérian des Affaires étrangères Geoffrey Onyeama dans une vidéo:

"En 2002, Alger avait entamé des négociations avec le gouvernement nigérian en vue d’un projet similaire, mais qui traverserait le Sahel et l’Algérie pour atteindre les portes de l’Europe sur un tracé de 4.000 kilomètres. Sauf que les pays clients ont affiché des réticences face au risque sécuritaire qui mine la région et qui pourrait être à l’origine d’interruptions intempestives d’approvisionnement", ajoute le journal, selon lequel "en raison de ce facteur d’incertitude, l’Algérie a échoué à réunir les financements nécessaires, condamnant ce projet à un report sine die, voire à une paralysie permanente. Aucune convention n’a donc pu être signée pour le moment".

Constatant le non-avancement du projet proposé par l'Algérie, le Maroc avait, il y a quelques années, proposé un gazoduc qui acheminerait le gaz nigérian vers l’Europe. "Bien que plus long, il est plus réaliste et tient compte des considérations de sécurité et de financement. Il a été donc proposé aux autorités nigérianes cette alternative", ce qui "n’a pas manqué de séduire la partie nigériane", révélait Mustapha Cherkaoui, ancien ambassadeur du Maroc au Nigéria, lors d'un colloque organisé par l'Institut royal des études stratégiques (IRES).

À l'époque, un autre projet, celui du complexe de production de fertilisants, était déjà dans le pipeline, mais n'avait "pas encore été proposé officiellement aux autorités marocaines", ajoute Mustapha Cherkaoui, pour qui ces deux projets sont "de nature à renverser l’équilibre dans cette région en faveur du Maroc".

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