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Traite des êtres humains: Où en est le Maroc?

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Traite des êtres humains: Où en est le Maroc? | Shutterstock / ChameleonsEye
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SOCIÉTÉ - "C'est un crime qui nous fait honte à tous. Chaque année, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants tombent entre les mains des trafiquants, dans leur pays ou à l’étranger". Ce passage est tiré d'un document de l'ONU dans lequel l'organisation internationale tire la sonnette d'alarme sur traite des êtres humains, qui "désigne le fait de recruter, transporter, transférer, héberger ou accueillir une personne en ayant recours à la force, à la contrainte, à la tromperie ou à d’autres moyens, en vue de l’exploiter".

La Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage, célébrée ce vendredi 2 décembre, commémore l'adoption le 2 décembre 1949 par l'Assemblée générale des Nations unies de la Convention pour la répression et l'abolition de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui. Et vient rappeler l'urgence d'éradiquer "l'esclavage des temps modernes".

Servitude pour dettes, servage, travail forcé, travail et servitude des enfants, trafic de personnes et d'organes, esclavage sexuel, utilisation d’enfants soldats, vente d’enfants, mariage forcé, vente de femmes et exploitation de la prostitution, sont autant de manifestations persistantes de l'esclavage au 21e siècle.

Selon les chiffres avancés par l'ONU, "à tout instant dans le monde, 2,4 millions de personnes victimes de la traite sont soumises au travail forcé. Les femmes et les filles représentent 80 %, et les enfants entre 15 et 20 % des victimes. La traite des enfants a lieu dans toutes les régions du monde. Dans certains pays, c’est la forme de traite la plus courante".


Les "petites bonnes", ces esclaves marocaines

Selon un rapport du Département d'Etat américain publié en juillet 2015, "le Maroc est une source, une destination et un pays de transit pour les hommes, les femmes et les enfants qui sont soumis au travail forcé et à l’esclavage sexuel".

L'esclavage moderne au Maroc concerne principalement les "petites bonnes", les femmes exploitées sexuellement et enrôlées dans des réseaux de prostitution dans les pays du Golfe, ainsi que les jeunes hommes obligés à vendre de la drogue.

Le Maroc a toutefois mis à jour son cadre législatif pour empêcher la traite des personnes et lutter contre cette violation des droits humains, notamment à travers l’adoption en juin dernier du projet de loi 27-14 relatif à la lutte contre la traite des êtres humains.

Ce projet de loi, qui s'inscrit dans le sillage de la nouvelle politique marocaine dans le domaine de la migration et d'asile, s’assigne pour objectif d’aligner la législation marocaine sur les normes internationales, en relation notamment avec les protocoles relatifs à la lutte contre la traite des êtres humains.

Il comprend notamment des définitions larges de la traite des êtres humains et les concepts de l'exploitation et de la victime. Il comprend également des condamnations et une procédure, en plus de mesures préventives qui adoptent le principe de protéger les victimes au lieu de les poursuivre, tout en condamnant les coupables et en aggravant les sanctions contre les auteurs.

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