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Où en est le projet des banques participatives au Maroc?

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BANK AL MAGHRIB
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ÉCONOMIE - Très attendu par les futurs clients des produits banquiers "halal", mais retardé à maintes reprises, le lancement des banques islamiques, dites participatives, est attendu pour début 2017. Le cabinet britannique Oxford Business Group fait le point sur l'arrivée au royaume des banques "halal".

Bank Al-Maghrib, la banque centrale marocaine, a annoncé en juillet dernier le lancement des procédures d’approbation des banques islamiques en 2016, pour un déploiement opérationnel dès le début 2017.

Dans le sillage de cette annonce, le gouvernement marocain a autorisé le Crédit Agricole du Maroc (CAM), une banque publique, à ouvrir une filiale islamique avec la banque saoudienne Islamic Development Bank (IDB) par le biais d’un partenariat avec la Société islamique pour le développement du secteur privé de cette dernière.

La participation du CAM est fixée à 51%. Les deux partenaires conviennent d'investir initialement 200 millions de dirhams (18,5 millions d’euros), doublant ensuite leur mise à 400 millions de dirhams (37 millions d’euros).

Dix dossiers d’agrément ont été déposés

Dans la foulée, dix dossiers d’agrément ont été déposés. Sept concernent l’ouverture de banques islamiques, et trois l’offre de produits financiers islamiques auprès des établissements existants, rappellent les analystes du cabinet de conseil britannique.

Outre l'Islamic Development Bank, trois banques étrangères cherchent à ouvrir des filiales en partenariat avec des acteurs marocains, les autorités ayant encouragé ce type de montage plutôt que les filiales à 100%.

Le Crédit immobilier et hôtelier (CIH) va ainsi s’associer au Qatari International Islamic Ban, la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE) à Al Baraka Banking Group du Bahreïn, et la Banque centrale populaire (BCP) au Guidance Financial Group (GFG), implanté aux Etats-Unis.

La BCP a annoncé un investissement de 400 millions de dirhams (37 millions d’euros) dans son projet de filiale islamique, la Banque Participative du Maroc. Les participations sont fixées à 80% pour la banque marocaine, et 20% pour GFG.
Deux banques du Golfe, l’Emirati NDB et le Qatari Masraf Al Rayan, ainsi que le Marocain Attijariwafa Bank, ont déposé leurs demandes pour la création de filiales à 100%.

Attijariwafa Bank, qui compte comme actionnaire la holding la royale (SNI), dispose d’une unité de finance islamique depuis 2007 avec Dar Assafaa. A l’époque, la réglementation avait été modifiée afin de permettre aux banques et compagnies d’assurances de commercialiser certains produits islamiques.

Un long processus

Depuis le lancement des formations en finance participative au profit d’agents de la Bank Al-Maghrib en 2004, le projet de finance participative a suivi un long processus. Et il a fallu attendre 10 ans pour voir la loi bancaire 103-1 être promulguée. Celle-ci régit dans son titre III, les banques participatives.

En 2016, plusieurs étapes ont été franchies. Il y a d’abord eu la mise en place de dispositions fiscales relatives à la Mourabaha , l’Ijar et le financement des logements sociaux.

La banque centrale a ensuite signé un accord avec le Conseil des Oulémas avant que le comité des établissements de crédit ne valide plusieurs circulaires dédiées exclusivement aux banques participatives et des circulaires applicables aux établissements de crédit.

Le développement de la finance participative devrait permettre au Maroc d’atteindre entre 3 et 5% du total des actifs bancaires, soit un potentiel estimé à 70 milliards de dirhams environ, indiquait en 2014 l’Institut Thomson Reuters dans un rapport dédié à la finance islamique au royaume. Le société américaine de notation financière Standard & Poor’s mise quant à elle sur 10% de parts de marché.

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