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Les chiffres inquiétants sur les jihadistes de retour en Europe

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Les chiffres inquiétants sur les jihadistes de retour en Europe | Getty Images/iStockphoto
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TERRORISME - Le Maroc n'est pas le seul pays concerné par le retour des djihadistes ayant rejoint des groupes terroristes en Syrie ou en Irak. Une étude des autorités allemandes révèle que près de la moitié des jihadistes allemands "revenants" restent fidèles à leur idéologie ultra-radicale.

C'est le quotidien allemand Die Welt qui a révélé lundi 28 novembre les conclusions de cette étude réalisée par les autorités outre-Rhin, sur 784 individus ayant rejoint des groupes jihadistes en Syrie ou en Irak.

Parmi ces individus de nationalité allemande, âgés de 13 à 62 ans, 274 sont rentrés. Et le profil de ces "revenants" livre des enseignements inquiétants. Pas moins de 48% d'entre eux restent fidèles à leur "environnement extrémiste ou salafiste", celui-là même qui a contribué à les radicaliser, souligne ainsi cette étude.

Seulement 10% de "déçus"

Par ailleurs, 8% seraient donc simplement rentrés pour "se reposer", c'est à dire fuir le champ de bataille avant de tenter de repartir pour la Syrie ou l'Irak. Et seulement 10% seraient "déçus" par l'idéologie ultra-radicale qu'ils avaient embrassée, notamment auprès du groupe Etat islamique (EI).

En contrepartie, Die Welt note qu'un quart des jihadistes de retour en Allemagne collabore avec les autorités. C'est notamment le cas de Harry Sarfo, jeune jihadiste repenti qui s'est abondamment confié dans les médias, mais dont le Washington Post a révélé qu'il a été davantage actif dans des exactions que ce qu'il laissait entendre.

Dans un contexte de recul des jihadistes (encerclés à Mossoul et menacés par une offensive arabo-kurde à Raqa), l'enquête montre en outre que de moins en moins d'Allemands tentent de gagner la zone irako-syrienne, mais que de plus en plus reviennent. Une problématique qui concerne plus largement l'Europe, mais aussi le Maroc et les pays de la région d'où partent un grand nombre de djihadistes.

Le Maroc confronté au retour des djihadistes

Ces derniers mois, les autorités marocaines ont démantelé plusieurs cellules dans différentes villes du royaume, composées d'individus qui ont parfois combattu sous la bannière de Daech avant de rentrer au bercail pour tenter de commettre des attentats. "Sur les 3000 Marocains à avoir prêté allégeance à Abou Bakr Al Baghdadi, seulement 500 sont encore en vie et actifs sur les fronts, et un bon nombre d’entre eux souhaitent rentrer au Maroc", écrit TelQuel dans un dossier consacré au sujet. "D’après le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), jusqu’au mois d’octobre, 198 déserteurs marocains sont rentrés au bercail. Ce chiffre est contesté par le Comité mixte de défense des détenus, arguant qu’il ne prend pas en compte les femmes et les enfants des revenants, qui ne sont généralement pas arrêtés à leur retour", ajoute TelQuel.

En France, "Près de 700" pourraient revenir

En France, "deux cents Français ont déjà quitté" Daech et "près de 700 pourraient rentrer", rapporte Le Monde, qui cite une source du renseignement: "L'EI est en train de perdre son assise territoriale et de son attractivité. On voit revenir en France des jihadistes qui avaient des responsabilités au sein de l'organisation, c'est un phénomène significatif".

"Principale préoccupation" pour les "dix prochaines années", selon le premier ministre français Manuel Valls, cette problématique a entraîné un durcissement de la réponse pénale. "Jusque-là considéré comme un délit passible de dix ans de prison, le fait d'avoir rejoint les rangs de l'EI est désormais un crime, passible de vingt à trente ans de réclusion", rappelle Le Monde.

C'est aussi le sujet des "Revenants", le livre du journaliste spécialiste du jihadisme David Thomson. A travers les entretiens qu'il a pu mener, et dont Le Monde publie les bonnes feuilles ce mercredi 30 novembre, la veille de sa sortie, on retrouve le même constat qu'en Allemagne: nombreux sont les ex-jihadistes qui ne renient pas leur idéologie, voire "rêvent" encore de Daech.

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