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En 24 heures, près de 10.000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep-Est, repris un à un par le régime syrien

Publication: Mis à jour:
ALEPPO NOVEMBER 2016
A damaged ambulance is pictured after an airstrike on the rebel-held town of Atareb, in the countryside west of Aleppo, Syria November 15, 2016. REUTERS/Ammar Abdullah | Ammar Abdullah/Reuters
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INTERNATIONAL - Le régime de Bachar al-Assad regagne du terrain. Les troupes du régime syrien contrôlaient lundi 28 novembre au moins un tiers du secteur rebelle d'Alep, reprenant l'un après l'autre les quartiers Est de la ville septentrionale, que plusieurs milliers d'habitants ont fui en 24 heures.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), près de 10.000 civils ont fui Alep-Est depuis la nuit de samedi à dimanche. "Au moins 6000 d'entre eux sont allés dans le quartier (sous contrôle des forces kurdes) de Cheikh Maqsoud, le reste est allé dans les zones gouvernementales d'Alep", a précisé l'OSDH. "C'est le premier exode de ce genre d'Alep-Est" depuis plus de quatre ans, explique le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Inédits depuis 2012, ces reculs sont les plus importants pour les insurgés depuis le lancement le 15 novembre par le régime d'une violente offensive pour reprendre la totalité de la deuxième ville du pays, devenue un enjeu majeur du conflit.

Les rebelles ont perdu "au moins 30%" de la ville

Le secteur Est, où vivent quelque 250.000 habitants, est totalement asphyxié par un siège imposé par le régime du président syrien Bachar al-Assad depuis quatre mois et subit les bombardements les plus dévastateurs depuis 13 jours.

La capture samedi du quartier de Massaken Hanano, le plus grand d'Alep-Est, a marqué le début de cette importante avancée de l'armée, qui s'est emparée dimanche des cinq quartiers adjacents de Jabal Badro, Baadine, Inzarat, al-Sakan al-Chababi et Aïn al-Tall, selon l'OSDH. "Les rebelles ont perdu au moins 30% de leur territoire à Alep", et désormais, les forces gouvernementales contrôlent tout le Nord-Est d'Alep, a précisé l'OSDH.

Lundi, l'armée a également repris les quartiers de Sakhour, Haydariyé et Cheikh Khodr, alors que les forces kurdes se sont emparées du quartier de Cheikh Fares, selon l'OSDH.

De violents combats se poursuivent dans le même temps dans le quartier stratégique de Sakhour, dont la prise permettrait au régime de couper définitivement Alep-Est en deux, et dans celui de Haydariyé. "L'avancée rapide de l'armée est due à sa stratégie d'attaque contre Alep-Est sur plusieurs fronts", estime Rami Abdel Rahmane.

Les bombardements destructeurs de l'armée syrienne

Massaken Hanano avait été le premier quartier capturé par les rebelles à l'été 2012, divisant l'ex-capitale économique de Syrie en deux. Après s'en être emparé, le régime a exprimé sa volonté de "nettoyer" ce secteur de la rébellion, qui dénonce l'inaction de la communauté internationale face à la politique "de faim et de soumission" pratiquée par Damas.

La télévision d'État syrienne a diffusé dimanche des images montrant un grand nombre de civils se rassemblant près de bus verts venus les chercher du quartier de Massaken Hanano. On voit notamment une femme avec une poussette et de nombreuses personnes portent des sacs en plastique sur leur tête. Des bombardements retentissaient au loin.

D'après les médias officiels, les déplacés en zone gouvernementale ont été emmenés "par l'armée vers des lieux sûrs".

"L'aviation détruit tout méthodiquement, zone par zone", s'est indigné Yasser Al-Youssef, un responsable du groupe rebelle Noureddine al-Zinki, un des principaux d'Alep. "Si on n'interdit pas à cette aviation de bombarder, elle détruira ce qui reste de la ville d'Alep, quartier après quartier".

Parallèlement à l'avancée de l'armée, les forces kurdes présentes à Cheikh Maqsoud ont profité de la déroute rebelle pour s'emparer d'une partie du quartier adjacent de Boustane al-Bacha. L'autre partie est contrôlée par l'armée.

Le régime veut "nettoyer complètement les quartiers Est"

Alors que la communauté internationale s'avère incapable de trouver une solution au conflit, Yasser Al-Youssef a accusé le régime et ses alliés russe et iranien "d'annihiler la révolution (...) et d'appliquer la politique de la faim et de la soumission, au su et au vu de l'ONU, sans aucun égard pour le droit international".

"L'armée syrienne a réalisé le plus important de ses succès à Alep-Est" et "ouvre la voie à une nouvelle progression", a écrit dimanche le quotidien Al-Watan, proche du régime. Elle "est déterminée à poursuivre ses efforts (...) en nettoyant complètement les quartiers Est", poursuit le journal.

Le bilan de l'offensive lancée il y a 13 jours s'élevait dimanche à 225 civils tués dont 27 enfants à Alep-Est, où les habitants manquent de tout en raison du siège, selon l'OSDH.

La guerre en Syrie, déclenchée en 2011 par la répression d'une révolte pacifique, a fait plus de 300.000 morts. Elle est devenue au fil des années de plus en plus complexe, avec l'implication de forces étrangères et de groupes jihadistes.

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