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Le secteur du médicament sous la pression de l'austérité

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Ahmed Sahara
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Les producteurs algériens du médicament qui ont réussi à assurer la couverture de 50% de la demande nationale au cours des dernières années sont inquiets. Les efforts accomplis sont aujourd’hui menacés. Abdelouahed Kerrar, président de l’UNOP (Union nationale des opérateurs de la pharmacie) a tiré la sonnette d’alarme.

Les entraves au développement de l’industrie algérienne du médicament ont été abordées lundi par Abdelouahed Kerrar au cours d’une rencontre sur le thème "l’accès au médicament à l’ère de l’austérité".

Le président de l’UNOP a transmis un constat d’inquiétude générale des opérateurs et a dressé un bilan peu rassurant de la situation actuelle du secteur où le taux de croissance est en stagnation depuis deux ans.

"Ces huit dernières années le secteur a réalisé un taux de croissance de 17%. En 2014 nous étions le premier marché africain en termes de croissance. Mais avec la crise économique, celui-ci est en stagnation. Pour l’exercice 2014 /2015, nous avons réalisé un taux de croissance de seulement 0.4%", souligne encore M. Kerrar.

Une situation due à de nombreux facteurs, qui selon lui, doivent être résolus, afin d’éviter, que la crise actuelle n'empire. "S’il n’y a pas de réduction sur le budget de la santé pour 2017, il y a néanmoins des problèmes qui fragilisent le secteur et qui freinent son développement", estime Abdelouhed Kerrar.

En premier lieu, une politique des caisses de sécurité sociale "très généreuse" en matière de remboursement de médicament et qui commence à peser sur l’équilibre de la sécurité sociale.

"La baisse du pouvoir d’achat du citoyen est un facteur qui met mal à l’aise les autorités et elles sont donc sceptiques au sujet une augmentation du prix du médicament. Nous comprenons cela. Mais dans notre situation l’augmentation des prix est économiquement justifiée, car on ne peut continuer à produire à perte", souligne le président de l’UNOP.

Un autre paradoxe laisse les producteurs de médicaments perplexes. Les pouvoirs publics, souligne M.Kerrar, assignent aux producteurs locaux l’objectif de porter à 70% la couverture des besoins en médicament mais un tel objectif est irréalisable si les restrictions sur l’achat des matières premières persistent.

"L’achat de matières premières pour la production locale est soumis à un programme d’importation, si cela continue certains producteurs vont disparaître" averti le président de l’UNOP.

Abdelouahed Kerrar relève que les pouvoirs publics reprochent aux producteurs de fabriquer les mêmes médicaments mais, souligne-t-il, cela ne relève pas de la volonté du producteur. "Fabriquer un produit qui n’est pas dans la nomenclature algérienne, implique des coûts colossaux et des années d’attentes", précise-t-il.

Outre le problème de matières premières, le président de l’UNOP a signalé également l’augmentation en 2017 des prix de l’analyse de conformité et de l’enregistrement des médicaments.

Des solutions urgentes

Pour l’UNOP, le développement de la production pharmaceutique algérienne peut se réaliser, non pas par une injection de budgets de l’Etat, mais par des actions organisationnelles.

Ces actions, selon Abdelouahed Kerrar, s’articulent autour de certains points notamment l’impératif de réserver la priorité des marchés publics à la production nationale avec des avis d’appel d’offre réservés, la baisse des prix de l’enregistrement, et une rationalisation quantitative du programme d’importation.

Il faut également, insiste Abdelouahed Kerrar, revoir le prix de la production locale qui est reste inchangé depuis 5 ans. Pour le président de l’UNOP, l’enjeu aujourd’hui est que la hausse de la consommation soit satisfaite par la production locale et non par sur l’importation. Pour y parvenir, il faut lever les restrictions sur les producteurs locaux et les soutenir.

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