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Pourquoi la police marocaine fait-elle plus souvent usage des armes de service?

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SÉCURITÉ - Cette semaine, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a communiqué sur trois cas où la police judiciaire a été "contrainte" de faire usage de l'arme de service pour maîtriser des présumés malfaiteurs.

A Salé, un policier de la brigade motocycliste a utilisé son arme, le 22 novembre au soir, pour arrêter un individu qui était sous l'effet de psychotropes et était muni d'un sabre, selon la DGSN.

A Es-smara, un inspecteur de police a fait usage de son arme dimanche 27 novembre pour arrêter un repris de justice qui mettait "en péril la sécurité des citoyens et de la police en les menaçant d'un sabre".

Le même jour, l'usage de l'arme de service par un policier visait à arrêter un homme, encore armé d'un sabre, qui "menaçait sérieusement la sécurité des citoyens à l'arme blanche au quartier Sidi Ayoub à la médina de Marrakech", et qui a opposé une "résistance farouche" aux éléments de la police, toujours selon la DGSN.

34 cas en deux ans

Selon les statistiques de la DGSN, publiés ce lundi 28 novembre par le quotidien arabophone Akhbar al-Yaoum, les policiers marocains ont utilisé leurs armes de service 34 fois depuis début 2015. Sur les 34 présumés criminels visés, trois sont décédés sous les balles de la police.

Mais généralement, les personnes maîtrisées par balles sont transportées à l'hôpital le plus proche, avant d'être placées en garde à vue pour les besoins de l'enquête.

Dans quels cas la police estime être contrainte à faire usage de l'arme de service? Après trois cas similaires en une semaine, la DGSN a expliqué, dimanche 27 novembre au soir, les conditions légales justifiant ce type d'intervention.

"Cet usage (de l'arme de service, ndlr) doit réunir des conditions légales notamment l'imminence de l'attaque et la proportionnalité de défense à l'attaque", explique la DGSN.

L'usage des armes de service est mis à la disposition des policiers "dans le cadre de la légitime défense du citoyen, et de ses biens ou du policier lui-même", explique la même source.

Éclairer l'opinion publique

Pourquoi cette réaction du principal corps de police au Maroc? "Cette réaction de la DGSN intervient pour éclairer l'opinion publique et éviter tout effet négatif sur le sentiment de la sécurité suite au visionnage par ses services de vidéos postées sur les réseaux sociaux, associés à des commentaires prétendant qu’ils documentent des interventions sécuritaires récentes dans lesquelles l’arme de service aurait été utilisée par les éléments de police", répond la DGSN.

En effet, plusieurs médias avaient indiqué par le passé que la DGSN avait donné ses instructions aux éléments de la police pour utiliser leur arme de service afin de lutter contre la criminalité. Une information démentie par le département d'Abdellatif Hammouchi.

Pour ce qui est des vidéos circulant sur le web, la DGSN affirme que la majorité de ces séquences renvoient à des interventions anciennes ou à des interventions où l'arme de service n'avait absolument pas été utilisée.

La DGSN souligne, enfin, qu’elle dispense aux policiers des entraînements de base et spécialisés intensifs afin de garantir une bonne utilisation des armes de service quand la nécessité l’impose, "loin de tout abus qui implique une responsabilité disciplinaire et pénale pour son auteur".

Selon les derniers chiffres sur la criminalité, publiés en juillet dernier par la DGSN et portant sur la période allant de début 2015 à mi 2016, près de 820.000 personnes ont été interpellées pour criminalité. Parmi eux, près de 500.000 mis en cause ont été interpellés en flagrant délit. Concernant le nombre d'arrestations pour "criminalité violente", près de 57.000 personnes ont été appréhendées durant cette période pour "vol qualifié", 5.000 pour "crimes sexuels" et 1.100 pour "crimes de sang".

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