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Vers une majorité composée de cinq partis?

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BENKIRANE
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GOUVERNEMENT - Dimanche 27 novembre à Tanger, le ministre de l'Agriculture et président du Rassemblement national des indépendants (RNI) Aziz Akhannouch a fait des déclarations qui ont fait couler beaucoup d'encre: "Si nous entrons au gouvernement, les ministres du RNI devront être capables de consacrer leurs samedis et dimanches aux affaires de leurs circonscriptions et de leurs compatriotes". Une déclaration largement interprétée comme un "oui" tacite à la participation du RNI au gouvernement.

Au Parti de la justice et du développement (PJD), on tient à relativiser. Les déclarations du président du RNI "sont engageantes, mais quoi qu'il en soit, nous attendons toujours une prise de position officielle au sujet de la participation au gouvernement", indique, en off, un dirigeant du parti.

Si la participation du parti de la colombe à la prochaine majorité est officialisée, le pressenti des dirigeants du PJD se confirmera, puisque l'on s'acheminera vers une majorité composée de cinq partis: en plus du PJD et du RNI, le Parti du progrès et du socialisme (PPS), l'Istiqlal et l'Union socialiste des forces populaires (USFP) devront se répartir les portefeuilles ministériels, dont le nombre reste à définir. Le vœu pieux des dirigeants de la majorité contactés par le HuffPost Maroc il y a quelques semaines, qui souhaitaient que ce gouvernement compte moins de ministères, pourrait tomber dans l'eau.

Qu'adviendra-t-il alors de l'Union constitutionnelle (UC)? Dès que la coalition RNI-UC a été mise en place, d'aucuns n'ont pas exclu que cette alliance fasse partie d’une stratégie du RNI pour être en position de force au moment de négocier une seconde alliance avec le Parti de la justice et du développement (PJD).

Si le RNI entre au gouvernement sans l'UC, l'alliance de ces deux partis au parlement sera-t-elle maintenue? Si tel est le cas, avec 56 sièges, le binôme RNI-UC sera la deuxième force de la majorité, et pourra facilement, en cas de vote serré de certaines lois, faire basculer l'équilibre des forces.

Une commission conjointe pour le programme gouvernemental

Une fois la majorité constituée, il est à attendre que les partis de la majorité procèdent à la mise en place d'une commission conjointe qui se chargera de définir l'architecture gouvernementale, de rapprocher les vues des différents partis politiques, afin d'arriver à un programme commun qui sera présenté devant le parlement pour l'investiture du gouvernement. Un processus qui "sera une affaire de quelques jours, au maximum une semaine", estime notre interlocuteur.

Selon les informations du HuffPost Maroc, le PJD, le PPS et l'Istiqlal ont déjà planché sur les différentes propositions qu'elles apporteront lorsque la majorité sera constituée, et le PJD a créé une commission, dont les travaux sont centralisés par le chef du gouvernement et jusqu'à présent entourés de la plus grande discrétion, pour entamer la réflexion sur la vision du parti sur le programme gouvernemental. Par ailleurs, les noms des cadres qui représenteront leurs partis politiques respectifs à la commission conjointe ont déjà été décidés par certaines formations politiques.

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