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Vous avez déjà entendu parler des soeurs Mariposas? Ce sont elles que l'on célèbre aujourd'hui

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25 NOVEMBRE - Derrière certaines journées mondiales, il y a aussi des histoires oubliées ou mal connues. Si l'ONU a choisi le 25 novembre pour parler des violences faites aux femmes, ce n'est pas un hasard. Cette nuit-là en 1960, sur une route sinueuse de République Dominicaine, trois sœurs sont assassinées.

Les conditions dans lesquelles leurs corps ont été retrouvés sont particulièrement sanglantes: les trois femmes ont été massacrées à la machette puis replacées dans leur voiture qui a ensuite été poussée dans le vide.

Minerva, Patria et Maria Teresa Mirabal se faisaient appeler "Mariposas", papillons en espagnol. Derrière ce nom de code, il y a une lutte sans merci contre le dictateur Rafael Trujillo. Un homme qui impose par exemple à sa population de faire figurer sur chaque maison, une plaque où figure l'inscription "Trujillo est Dieu" ou, une variante, "Trujillo est le maître ici".

Tout commence quand le dictateur tente d'approcher l'aînée, Minerva, qui le repousse invariablement. La jeune femme qui étudie le droit à l'université et se lie d'amitié avec des communistes est révoltée contre la terreur que fait régner Trujillo. Résultat, face aux refus de la jeune femme, son père est emprisonné et torturé. Minerva suivra le même chemin.

Day 97 of #100daysofbadassbabes : the Mirabal sisters (aka Las Mariposas). Patria, Minerva, and María Teresa were sisters living in the Dominican Republic in the 1950s and 60s, during the regime of Rafael Trujillo-- a man in charge of what's seen as one of the most brutal dictatorships in the Caribbean. The Mirabal sisters became actively involved in the clandestine resistance against Trujillo and, after their assassinations, these 3 women became symbols of the popular resistance and their deaths were seen as the catalyst to Trujillo's own assassination 6 months later. During his reign, Trujillo was known to send out "beauty scouts" to search the countryside for young women— sometimes girls— that he could "romance" (there are many other verbs we can insert there). Minerva became one of his targets, and despite initial declinations, Trujillo cornered Minerva at a party and forced the issue. Minerva then slapped him in the face and left. Trujillo proceeded to interfere with Minerva's life thereafter, barring her from certain classes at law school and orchestrating the government's denial of her license to practice law (after she graduated from law school summa cum laude). Trujillo and his men also harassed her parents and imprisoned her father. These incidents were the beginnings of the activism of Minerva and two sisters, María Teresa and Patria. They began distributing pamphlets about the massacres carried out at Trujillo's command, and began planning the assassination of the dictator. The sisters called themselves "Las Mariposas" or "The Butterflies." The sisters and their husbands were incarcerated, and only the women were freed. On November 25, 1960 the Mirabal sisters were visiting their husbands in a remote jail in the mountains (to which Trujillo had relocated them), and their vehicle was ambushed by Trujillo's secret police. Before they were all separated, Patria ran to a nearby truck to tell the driver who they were and that she expected that they were about to be killed. The sisters and their driver were then beaten to death and placed back in their vehicle, which the policemen pushed off a cliff (to make it appear to be an accident). ...

Une photo publiée par Julie Van Grol Illustration (@julievangrol) le

Les années de lutte passent. Les trois sœurs se marient avec des hommes tout aussi révoltés qu'elles par les injustices de ce régime. En 1957, Minerva est la première femme doctorante de l'université de droit. Quand le dictateur Trujillo lui remet son diplôme, il lui fait la promesse qu'elle ne pourra jamais exercer.

Coup d'état raté, arrestations fréquentes, tortures, voilà alors le quotidien des Mariposas et de leur entourage. Un soir qu'elles vont rendre visite à leurs maris emprisonnés (résistants, ils avaient tenté un coup d'état), sur une petite route de montagne, une voiture se met en travers de leur chemin.

Les trois sœurs n'auront jamais connu la démocratie mais la nouvelle de leur mort révolte. Le 30 mai 1961, Trujillo est assassiné et il faudra encore patienter plusieurs années pour que le pays sorte de la guerre civile. Seule la quatrième sœur, Belgica Adela, leur a survécu, elle est la mémoire de leur histoire.

For this week's #WomanCrushWednesday we honor the Mirabal Sisters. From Wikipedia: The Mirabal Sisters (Spanish pronunciation: [erˈmanas miɾaˈβal], Hermanas Mirabal) were four Dominican sisters who opposed the dictatorship of Rafael Trujillo, and were involved in clandestine activities against his regime. Three of the sisters were assassinated on 25 November 1960. The assassinations turned the Mirabal sisters into "symbols of both popular and feminist resistance". Because of their significance they are also honored today by the United Nations for the International Day for the Elimination of Violence Against Women. We appreciate and value women revolutionaries! #hermanasmirabal #mirabalsisters #lasmariposas #wcw #wgs #feminism [📷:eyeoftheday.org]

Une photo publiée par MSUM Women's & Gender Studies (@msum_wgs) le

En 1999, l'ONU vote une résolution pour faire du 25 novembre la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Cette trajectoire n'a pas seulement inspiré l'ONU, la région d'où les trois sœurs sont originaires porte désormais leur nom, "Hermanas Mirabal" (les soeurs Mirabal). Le billet de 200 pesos est à leur effigie.

La romancière Julia Alvarez a écrit un roman sur le sujet, "Au temps des papillons". Un téléfilm avec Salma Hayek dans le rôle de Minerva a été réalisé en 2001, "In the time of butterflies". En France, Elise Fontanaille a publié en 2013 pour un public jeunesse "Les trois sœurs et le dictateur". En 2016, la dessinatrice Pénélope Bagieu a aussi raconté ce parcours dans son recueil de portraits de femmes, "Les culottées".

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