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Chiraz Triki El Ghoul, un Chef pâtissier que la gourmandise fait bouillonner (INTERVIEW)

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Chiraz Triki El Ghoul est un chef pâtissier qui vise grand avec sa participation à la finale du concours de la Toque d’or dans la catégorie "Professionnels Pâtisserie".

La Toque d'or est un concours organisé par l'Académie Nationale de Cuisine, plus grande association des chefs en France. Ce concours comporte un palmarès général et des prix spéciaux, par catégorie. Lors de l'édition 2015, le chef tunisien Ali Dey Dali a remporté le 1er prix "plat imposé".

Propriétaire de la pâtisserie "Saveurs Magenta", portée par l'ambition d'exceller, elle a remporté le premier prix de la pièce artistique (pièce en sucre) et le deuxième prix dans l’épreuve “Pâtisserie”, le 16 novembre.

Modelant rigueur et raffinement dans le moule des grands Chefs, elle livre au HuffPost Tunisie les ingrédients de sa réussite dans une fournaise où l'excellence a un prix.

HuffPost Tunisie: Quels étaient vos atouts dans cette compétition ?

Chiraz Triki El Ghoul: Je peux dire et Dieu merci que j'ai eu plusieurs atouts pour cette compétition: D’abord j’ai fait mes études à l'Institut français Paul Bocuse (une école de management et de formation aux métiers de l'hôtellerie, de la restauration et des arts culinaires) à Lyon. Je connais donc très bien la mentalité française; la façon avec laquelle ils notent un pâtissier pendant un concours et les critères sur lesquels ils se basent.
Ensuite, j’ai été coachée par un chef français lui-même coach d'autres équipes qui ont participé aux mondiales des arts sucrés.
J'ai également été très soutenue par ma famille; mon mari qui était avec moi pour m'épauler.
Enfin, je me suis entraînée dans des conditions difficiles, après mon travail, dans l'humidité et la chaleur.

Quelle est votre recette pour ceux qui souhaitent gravir les échelons dans votre domaine?

Ma recette elle est simple: Mélanger 0.200 g d’assiduité, 0.200 g d'implication, 0.200 g de force physique. Ajoutez 0.100 g de sacrifice et d'amour pour le défi. Une pincée de curiosité. Monter 0.300 g de volonté. Et finalement arroser avec 1 kg de passion pour le métier. Laisser prendre puis déguster en saupoudrant beaucoup de gourmandise.


Y- a-t-il une touche tunisienne dans votre pâtisserie?

Étant organisé par l'académie nationale de cuisine française, qui elle-même essaye de promouvoir l’art culinaire français avec ses anciennes techniques de cuisine, pour impressionner le jury j'ai plutôt essayé de travailler sur des anciennes techniques du sucre et j’ai proposé une omelette norvégienne au chocolat flambée au Grand Marnier.

Aussi les produits et les thèmes étaient imposés, donc la touche tunisienne était presque impossible pour ce concours en particulier. Mais bien sur ça reste envisageable et même désirable pour d’autres concours j'espère!

Comment voyez-vous le développement de ce secteur en Tunisie ?

En ce qui concerne la pâtisserie, je trouve que ce secteur se développe énormément du côté du consommateur: les goûts ont évolué, on commence à s'intéresser à autre chose que les fruits secs, les gens apprécient le bon chocolat, la combinaison entre les saveurs, le sucré salé comme le caramel beurre salé qui fait fureur.
Tout le monde suit avec attention les émissions télé culinaires et ils restent impressionnés par les réalisations des grands chefs ou même de certains participants amateurs. L'image du Chef a donc bien évolué !

Du côté de la production, on a du mal à trouver les bons ingrédients, ou bien ils sont trop chers par la suite pour le consommateur. Aussi on voit pousser des pâtisseries partout donc ça augmente en nombre et pas forcément en qualité, malgré l'effort de certains car il ne faut pas oublier de souligner qu'il y a aussi de plus en plus de pâtisseries dignes de ce nom.

Je pense aussi qu'on a un vrai problème de formation pour les professionnels en Tunisie, les bases et la discipline pour ce métier sont mal transmises. Pour conclure, je dirai qu'avec l'engouement et l'intérêt croissant que les tunisiens (consommateurs ou producteurs)portent à l’art culinaire, ce dernier ne peut qu'évoluer vers une meilleure formation, donc un meilleur travail et au final un meilleur produit proposé et ceci pour le plaisir des plus gourmands.


Du monde de la Finance à la pâtisserie, pourquoi ce revirement?

La seule chose qu'on peut considérer comme originale est ma déviation du monde de l'économie et des finances vers le monde artistique culinaire, et de nos jours on voit de plus en plus de personnes changer de cap pendant leur vie professionnelle puisque les valeurs et les ambitions ont évolué. On ne rêve plus d'être médecin ou architecte ou avocat dans l'absolu, mais plutôt on rêve de vivre de sa passion ! La famille joue un rôle de soutien très important puisqu'elle suit cette évolution et ne l'accable pas.

Quant à moi, mon parcours est basé essentiellement sur la détermination, l'amour du métier et l'ambition.

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