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L'Uzine ressuscite la mémoire du quartier casablancais Aïn Sebaâ

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Flandrin
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HISTOIRE - Quartier industriel sans éclat, siège de plusieurs entreprises internationales et carrefour des voies, entre les gares ferroviaire et celle routière, le quartier de Aïn Sebaâ à Casablanca se transforme progressivement en quartier culturel, notamment depuis l'installation de l'Uzine, un espace de création au coeur de cette zone industrielle.

Et c'est justement l'Uzine qui souhaite rendre hommage à son quartier en lui dédiant près d'un mois d'événements, durant lesquels le spectateur pourra découvrir l'histoire d'Aïn Sebaâ, mais aussi ses potentialités. Avec "Aïn Sebaâ K-YBD3", l'Uzine veut raconter son quartier en images, en archives et en musique.

Un retour sur l'histoire des lieux

"Aïn Sebaâ, c'est notre quartier, depuis que l'Uzine et la Fondation Tazi s'y sont installées. Nous vivons ici la plupart du temps. C'est un peu notre chez nous. Il était évident pour nous de rendre hommage à ce quartier qui nous accueille les bras ouverts", déclare au HuffPost Maroc Maria Daïf, directrice générale de l'Uzine.

Cet hommage, il ne pourrait se faire sans un retour sur l'histoire même des lieux. Une tâche pourtant ardue lorsqu'on sait que les archives consacrées au lieu sont dispersées.

Pour y remédier, trois expositions seront consacrées au quartier industriel casablancais à partir du 26 novembre, dont deux sont constituées d'archives. La première exposition, "Archives d'Aïn Sebaâ, le beau-lieu" reconstituera l'histoire du quartier, depuis le début du XXe siècle à nos jours.

"Notre directrice des recherches et documentaliste Khadija Alaoui a passé huit mois à frapper à toutes les portes, depuis la Bibliothèque nationale aux collectionneurs privés, afin de collecter des documents et objets permettant d'en savoir plus sur l'histoire du quartier", nous confie Maria Daif.

Un parcours du combattant pour un quartier peu documenté qui a donné naissance à cette exposition. L'évènement revient, entre autres, sur le Aïn Sebaâ industriel, celui de la création architecturale, mais aussi celui de la culture et des loisirs, qu'il a longtemps été dans le passé.

En effet, c'est à Aïn Sebaâ que siégeaient les emblématiques cinéma Beaulieu, le parc zoologique (aujourd'hui en cours de rénovation) ou encore l'hôtel Atlantic, trois lieux de divertissement autrefois très prisé par les Bidaouis.

Aïn Sebaâ vu par les artistes

A cette exposition se rajoutent deux autres, qui seront inaugurées simultanément. "T'swer Aïn Sebaâ" est le résultat d'un atelier de photographie conduit par l'artiste-photographe marocain Brahim Benkirane. "Nous avons sélectionné plusieurs jeunes amateurs qui, coachés par Brahim Benkirane, ont travaillé sur le quartier afin de livrer leur regard sur Aïn Sebaâ. Ce sera leur première exposition", nous confie la directrice générale de l'Uzine.

Au final, cet atelier a donné naissance à huit séries photographiques qui seront présentées du 26 novembre au 15 janvier. "Ils ont travaillé comme des malades pendant toute la durée de l'atelier pour livrer au final des photos poétiques et très personnelles", poursuit Maria Daïf.

La troisième et dernière exposition s'intitulera "Patrimoine industriel: la vitrine de Aïn Sebaâ". Cette collection de documents et d'objets a été assemblée par l'Atelier de l'observatoire. "Ils avaient, dans le passé, entrepris ce travail de mémoire sur l'ancien aquarium de Casablanca, ainsi que l'école Ibnou Abbad et le parc Yasmina. Nous leur avons donc demandé de reconduire l'expérience, cette fois sur le quartier industriel Aïn Sebaâ", indique Maria Daif. Le résultat est un "musée citoyen" où le patrimoine industriel du quartier est mis en avant, à travers des objets, des photos et des récits de vie.

D'autres événements sont programmés du 26 novembre au 18 décembre: un atelier de graffiti pour dessiner Aïn Sebaâ sur les murs de l'Uzine, une présentation de la pièce de théâtre "Poutite", mise en scène par le dramaturge Amine Aït Hammou, ou encore la projection de "Si je te dis Aïn Sebaâ, tu me dis...", un documentaire réalisé par la journaliste et vidéaste Sabrina Hakim sur le quartier. Et pour finir l'événement en beauté, les Hoba Hoba Spirit reviendront le 18 décembre à cette fabrique culturelle pour un concert inédit.

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