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En Turquie, le projet de loi controversé sur les agressions sexuelles sur mineur a été retiré

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Turkish President Tayyip Erdogan delivers a speech during the International Istanbul Law Congress in Istanbul, Turkey, October 17, 2016. REUTERS/Murad Sezer | Murad Sezer/Reuters
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DROITS DE L'HOMME - Les manifestants peuvent souffler. Le gouvernement turc vient d'annoncer le retrait du projet de loi controversé qui prévoyait d'annuler les poursuites judiciaires à l'encontre de l'auteur d'une agression sexuelle s'il épousait sa victime.

Le parlement devait voter, ce mardi 22 novembre en deuxième lecture, ce projet qui, selon le gouvernement, pourrait concerner 3.000 personnes s'il est adopté.

Le Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) a retiré ce projet accordant la clémence à certains hommes emprisonnés pour avoir épousé, par mariage religieux, des filles mineures avec leur consentement et celui de leur famille, a annoncé mardi le premier ministre et chef de l'AKP Binali Yildirim, indiquant qu'il sera renvoyé en commission afin de parvenir à un texte consensuel.

Ce projet permettrait la suspension de la condamnation d'une personne pour agression sexuelle sur mineur commise avant le 11 novembre 2016 si son auteur épouse sa victime et cette mesure sera appliquée une seule fois et de manière rétroactive, avait-il expliqué la semaine écoulée.

Le projet avait suscité des réactions indignées des partis de l'opposition, des organisations turques de défense des droits des femmes et d'organisations internationales notamment l'Unicef, le Fonds des Nations unies pour la population, l'ONU Femmes et le Programme de l'ONU pour le développement estimant qu'il réduit la protection des victimes d'abus sexuels.

Le gouvernement a, par la suite, demandé aux partis d'opposition de formuler une nouvelle proposition. Mais le parti républicain du peuple (CHP) a annoncé qu'il ne présentera aucune proposition. Le Mouvement nationaliste (MHP) a, quant à lui, exigé le retrait d'abord du projet avant d'entamer toute discussion.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a invité, lundi 21 novembre, à résoudre ce problème dans un large consensus, en tenant compte des critiques et des recommandations des différentes composantes de la société.

Cette polémique n'est pas sans rappeler le soulèvement des militants pour les droits humains au Maroc, après le décès, en 2012, d'Amina Filali, une adolescente qui s'est suicidée après avoir été contrainte d'épouser son violeur. En 2014, le Maroc a abrogé la disposition du code pénal qui permettait, auparavant, à l'agresseur d'échapper aux poursuites s'il épousait sa victime.

Cette polémique n'est pas sans rappeler le soulèvement des militants pour les droits de l'Homme au Maroc, après le décès, en 2012, d'Amina Filali, une jeune femme qui s'est suicidée après avoir été contrainte d'épouser son violeur. En 2014, le Maroc a amendé l'article 475 du code pénal. Ce dernier permettait auparavant à l'agresseur d'échapper aux poursuites s'il épousait sa victime.

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