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Des chercheurs ont réussi à recréer une partie d'intestin humain

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Des chercheurs ont réussi à recréer une partie d'intestin humain | Getty Images/iStockphoto
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SCIENCE - C'est une première mondiale. Une équipe de chercheurs français et américains ont réussi à recréer un intestin humain fonctionnel grâce à des cellules souches. Fonctionnel, cela signifie qu'il peut se contracter, donc réussir à faire "glisser" ce qu'il a absorbé.

L'étude à la fois chapeautée par l'Inserm et l'hôpital pédiatrique de Cincinnati est publiée dans la revue scientifique Nature medicine, lundi 21 novembre.

Pour réussir cette prouesse, les scientifiques ont d'abord créé un mini intestin humain avec toutes ses composantes à partir de cellules souches pluripotentes. "Ces dernières", comme l'explique le chercheur Maxime Mahé, chargé de recherche à l'Inserm, premier coauteur de l'étude, "sont capables de créer plus de 200 types cellulaires, il faut leur donner une direction, en leur administrant des facteurs de croissance, pour qu'elles deviennent celles dont on a besoin". Une fois ces cellules pluripotentes sur la bonne voie pour créer un intestin in vitro, elles grandissent dans une "boîte".

L'intestin formé nécessite un système nerveux autonome, qui contrôle la fonction digestive et la sécrétion d'hormones.

C'est là que les recherches de Maxime Mahé et ses coauteurs font figure de prouesse. Les scientifiques ont réussi à faire se mélanger le mini-intestin, qu'ils avaient créé, avec des cellules crêtes neurales (nerveuses), puis à transplanter le tout dans le corps d'une toute jeune souris, pour enfin voir les cellules nerveuses s'agglomérer sous les parois de l'intestin, près des muscles, pour susciter les contractions.

intestins

"Pas encore transposable à l'Homme"

Cette découverte permet de modéliser des maladies digestives. Elle a ainsi permis d'étudier une maladie intestinale rare, la maladie de Hirschprung, une affection dans laquelle le rectum et le côlon ne développent pas de système nerveux, entraînant constipation et occlusion intestinale. Cette avancée technique majeure servira également à "mieux comprendre les maladies digestives chez l'Homme où peu de modèles sont présents, notamment les troubles fonctionnels", explique Maxime Mahé.

La découvert ne constitue cependant pas encore une réponse pour les troubles inflammatoires de l'intestin.

L'intestin créé par ces équipes de chercheurs a été transplanté sur une souris, mais "à vide", dans le sens où il n'était pas raccordé à l'appareil digestif de l'animal. S'il a pu grandir de lui-même, et s'adapter à la croissance du petit animal, "il est transposable à d'autres animaux, mais pas encore à l'Homme", précise Maxime Mahé.

Le fait est que l'intestin humain, déplié, couvre une surface équivalente à deux terrains de tennis."Il faudrait aussi que lui soit ajouté un système immunitaire et un microbiome, cette aire de vie pour toutes les bactéries constituant l'intestin."

A l'instar du cerveau, l'intestin figure parmi les organes les plus complexes à explorer. Les dernières découvertes autour de l'appareil digestif démontrent qu'il est acteur dans de nombreux phénomènes, comme la fatigue chronique, la sclérose en plaques, le cancer.

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