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Appel à élargir la liste des hautes responsabilités dont l'accès requiert la nationalité algérienne exclusive

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Plusieurs députés de l'Assemblée populaire nationale (APN) ont appelé à élargir la liste des hautes responsabilités de l'Etat et des fonctions politiques, dont l'accès requiert la nationalité algérienne exclusive, à d'autres fonctions "tout aussi sensibles".

L'introduction de la disposition dans la Constitution exigeant la nationalité algérienne exclusive pour l'accès aux "hautes responsabilités de l'Etat et aux fonctions politiques" avait suscité début 2016 une vive polémique en Algérie.
La disposition a été entérinée dans l'article 63.1 de la Constitution qui précise que la "loi fixe la liste des hautes responsabilités et des fonctions politiques" concernées. Le texte de loi a été élaboré en juillet dernier.

Le projet de loi soumis à l'Assemblée populaire détermine ces "hautes responsabilités" et ces postes "sensibles" où la nationalité algérienne exclusive est exigée, comme elle l'était déjà pour cela de président de la République.

La polémique qui avait fait rage à l'époque n'a pas eu d'échos dans les débats de la chambre haute du parlement.

La plupart des interventions des députés concernant le projet de loi fixant la liste des hautes responsabilités de l'Etat et des fonctions politiques dont l'accès requiert la nationalité algérienne exclusive ont appelé à élargir cette liste à d'autres fonctions telles que les ambassadeurs, les walis et les directeurs des grandes entreprises publiques.

La députée Fatma-Zohra Bounar du groupe de l'Alliance de l'Algérie verte (AAV) s'est interrogée sur les raisons de la restriction de la liste à certaines fonctions alors qu'il en existe d'autres tout aussi sensibles, dont celle de PDG de Sonatrach.

LIRE AUSSI: La liste de postes exigeant la nationalité algérienne exclusive fixée

Le député Tahar Missoum du Rassemblement algérien a, pour sa part, estimé que le texte en question "porte atteinte" aux droits des enfants de la communauté nationale établis à l'étranger.

Selon lui, cette loi vise à barrer la route aux enfants de la communauté algérienne établis à l'étranger, notamment l'élite que certains responsables voient comme une "menace", a-t-il dit.

Le député Lakhdar Benkhallef du Front pour la justice et le développement a, quant à lui, estimé nécessaire de déterminer si la nationalité algérienne visée par le texte est la nationalité d'origine ou acquise, appelant à ne pas marginaliser les compétences nationales qui ont été contraintes à l'émigration.

Pour ce député, les ambassadeurs, les consuls généraux, les directeurs de cabinet et les secrétaires généraux des ministères, les walis, les présidents de Daïras et d'autres fonctions encore doivent être inclus dans la liste.

Après avoir précisé que sa formation politique soumettrait un amendement pour l'élargissement de la liste, le député Ramdane Tazibt du Parti des travailleurs (PT) a souligné que cette loi "ne remet aucunement en doute la loyauté des membres de la communauté algérienne envers leur patrie, mais constitue une mesure préventive qui participe de la défense des intérêts supérieurs de l'Etat".

Pour le député Salah Eddine Dekhili du Rassemblement national démocratique (RND), ce texte "est venu barrer la route aux manœuvres visant à susciter la fitna entre les enfants d'un même pays".

"La nationalité n'est pas un simple document administratif, mais l'expression d'un sentiment d'appartenance et de loyauté à la patrie et d'une responsabilité à l'égard des intérêts nationaux de l'Etat", a-t-il soutenu.

Le député Mohammed Djemiaï du parti du Front de libération nationale (FLN) a, pour sa part, indiqué que ce texte "est venu renforcer la sécurité nationale, dans la mesure où les fonctions de souveraineté donnent accès à de nombreuses informations à caractère confidentiel".

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