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Merkel en route pour un nouveau mandat de chancelière

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Angela Merkel, Germany's chancellor, looks on during a news conference with U.K. Prime Minister Theresa May (not pictured) at the Chancellery in Berlin, Germany, on Friday, Nov. 18, 2016. A smooth Brexit is in the interests of the U.K., Germany and all Britain's partners, May said. Photographer: Krisztian Bocsi/Bloomberg via Getty Images | Bloomberg via Getty Images
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Angela Merkel devrait annoncer dimanche sa candidature à un nouveau mandat de chancelière au moment où ses partisans font d'elle le dernier rempart face aux poussées populistes illustrées par le Brexit ou la victoire de Donald Trump.

En poste depuis onze ans, celle qui détient déjà le record de longévité au pouvoir dans les pays occidentaux a prévu de s'adresser à la presse vers 19h00 (18h00 GMT) après une réunion à Berlin de son parti conservateur, la CDU. Tous les médias du pays s'attendent à ce qu'elle officialise sa décision à cette occasion.

"Tout le monde sait qu'elle va de nouveau être candidate", a d'ailleurs lancé samedi le député européen de la CDU, Elmar Brok. Pas de doutes non plus pour le dirigeant des sociaux-démocrates Sigmar Gabriel qui a déclaré: "Nous attendons que Merkel dise dimanche ce que chacun sait déjà, à savoir qu'elle mènera la CDU dans la prochaine campagne électorale".

Agée de 62 ans, cette fille de pasteur de RDA devait sortir du bois au plus tard lors du congrès annuel de la CDU prévu début décembre, où elle ambitionne de se faire reconduire comme présidente du parti avant les élections législatives de septembre ou octobre 2017.

Record de Kohl en vue

Au vu des sondages, Angela Merkel a toutes les chances de sortir du scrutin avec un quatrième mandat pour la chancellerie. Elle serait alors en mesure de rentrer dans l'histoire en battant le record au pouvoir en Allemagne du chancelier iconique d'après-guerre Konrad Adenauer (14 ans) et en égalant celui de son propre père en politique, Helmut Kohl (16 ans).

Angela Merkel se trouve néanmoins dans une situation paradoxale: fêtée à l'étranger, où les attentes à son égard ont décuplé depuis le succès de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, elle attaque l'année électorale affaiblie sur le plan intérieur suite à l'arrivée controversée d'un million de réfugiés dans le pays.

Le président Barack Obama l'a adoubée cette semaine à Berlin lors de sa tournée d'adieux, lançant aux côtés d'une chancelière rosissant de plaisir: "Si j'étais allemand, je pourrais lui apporter mon soutien".

Face aux tendances autoritaires dans le monde, le New York Times voit même en elle "le dernier défenseur des valeurs humanistes de l'Occident". Elle a tenu bon sur sa politique d'immigration généreuse et vient de rappeler clairement à Donald Trump l'importance des valeurs démocratiques.

Parallèlement, "dans son pays, son pouvoir s'effrite", nuançait cette semaine l'hebdomadaire Die Zeit. Certes sa popularité remonte après avoir chuté avec la crise migratoire, mais sa famille politique n'est créditée que de 32% des intentions de vote, près de dix points de moins que lors de l'élection précédente de 2013.

Affaiblie en Allemagne

"L'effet d'aspiration créé par la victoire de Trump atteint Merkel à un moment où ses possibilités de leadership sont limitées: elle ne peut compter sur l'Europe pour aller de l'avant, n'a pas de parti uni derrière elle et ne jouit pas du soutien franc de la population qu'elle avait encore il y a un an et demi", juge Die Zeit.

Ses atermoiements depuis des mois sur sa candidature sont aussi le résultat de cet affaiblissement. Elle a dû composer avec la rébellion sur la question des réfugiés de la branche bavaroise de son parti (CSU), qui a longtemps menacé de ne pas la soutenir en 2017, avant finalement de rentrer dans le rang faute d'alternative.

La chancelière a subi aussi un revers récent en échouant à promouvoir un candidat de son parti pour devenir président allemand en 2017, se faisant doubler par les sociaux-démocrates.

Surtout, son règne est celui qui a vu se développer en Allemagne un parti populiste, concurrençant son parti sur sa droite. L'AfD a toutes les chances d'entrer au Bundestag, une première pour une formation de ce type depuis 1945.

Angela Merkel garde toutefois des atouts maîtres: elle n'a pas de concurrent sérieux dans son camp, fait figure dans l'opinion de garant de stabilité dans une époque tourmentée et reste infiniment plus populaire que ses rivaux sociaux-démocrates.

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