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Bilan de la COP22: Voici les principaux résultats des négociations

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COP22
World leaders pose for a family photo at the UN Climate Change Conference 2016 (COP22) in Marrakech, Morocco November 15, 2016. REUTERS/Youssef Boudlal | Youssef Boudlal/Reuters
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ENVIRONNEMENT - Clap de fin pour la COP22, qui s'est achevée vendredi 18 novembre au soir à Marrakech, après douze jours de négociations.

De manière générale, les pays ont fait preuve d'unité face à l'urgence de mettre en oeuvre l'accord de Paris sur le climat. Adopté en décembre 2015 et entré en vigueur le 4 novembre, ce texte vise à limiter "bien en dessous" de 2°C le réchauffement climatique.

Un message pour Trump

Alors que l'élection du climatosceptique Donald Trump à la présidence des Etats-Unis a suscité beaucoup d'interrogations pendant toute la durée de l'événement, puisqu'il avait proposé pendant sa campagne de quitter l'accord de Paris, la Conférence des parties sur le climat a de nouveau rappelé hier le caractère "irréversible" de cet accord.

"Le message de la COP au nouveau président américain est tout simplement de dire: nous comptons sur votre pragmatisme et votre esprit d'engagement", a déclaré le président de la COP22 Salaheddine Mezouar devant la presse. "Nous continuons à tracer notre cap", a-t-il ajouté.

"Nous nous sommes tournés vers l'Amérique dans les jours sombres de la Seconde guerre mondiale", a déclaré de son côté, pendant la séance plénière, le premier ministre fidjien Frank Bainimarama, dont le pays organisera la COP23 en 2017. "Vous êtes alors venus nous sauver, il est temps pour vous de contribuer à nous sauver aujourd'hui", a-t-il ajouté, comme un défi lancé au nouveau président américain.

2017, l'année des grands projets

Trump mis de côté, plusieurs mesures ont été annoncées pendant cette COP22 pour accélérer le processus lancé par l'accord de Paris en 2015. Un des premiers résultats notables de cette COP est l'avancée de deux ans de la rédaction du règlement de l'accord de Paris, ou "manuel d'opération", dont la date d'achèvement a été fixée à 2018 au lieu de 2020 par les pays signataires.

"Notre vision a été consolidée et nous travaillons pour des progrès concrets, et pour faire aboutir des actions révolutionnaires jusqu’à la fin de 2017 (...). 2017 doit être l’année des projets de grande envergure, de la mobilisation des financements, et de l’accès aux services financiers qui seront nécessaires à l’adaptation", a déclaré Salaheddine Mezouar.

Accélérer les financements

Autre point important: le respect de l'engagement des pays riches de mobiliser 100 milliards de dollars d'ici 2020, ou même avant, pour soutenir les projets d'atténuation et d'adaptation aux effets du changement climatique. Plus de 81 millions de dollars ont déjà été promis par les pays au Fonds pour l'adaptation, dépassant ainsi son objectif pour l'année.

Toujours en matière de financements, les pays se sont engagés à Marrakech à verser plus de 23 millions de dollars au Centre et réseau des technologies climatiques, et le Fonds vert pour le climat a approuvé deux plans d'aide pour le Libéria et le Népal, à hauteur de 2,2 millions et 2,9 millions de dollars. Une vingtaine d'autres propositions pour l'adaptation devraient bientôt être approuvées.

Le Fonds d’investissement de Marrakech pour l’adaptation (MICA) a également été lancé à cette occasion. Doté de 500 millions de dollars, ce fonds a été lancé en partenariat avec The Lightsmith Group (États-Unis), BeyA Capital (Afrique), et le Fonds pour l'environnement mondial (FEM).

Des dizaines d'initiatives lancées

A noter également que des dizaines d'initiatives et de nouveaux outils d'évaluation sur l'énergie, les villes, les forêts, l'eau, les transports, les entreprises, les océans ou encore l'agriculture ont été lancés pendant la COP22. Le Maroc a par exemple présenté son initiative Ceinture Bleue, qui vise à préserver les communautés côtières et à promouvoir une pêche durable.

Le royaume a également mis en avant, tout au long de cette COP, l'initiative Adaptation de l'agriculture africaine (ou Triple A), qui regroupe 27 pays et vise à aider les agriculteurs africains à faire face aux aléas climatiques à travers une meilleure gestion des sols, de l'eau et des risques.

Du côté des entreprises, la coalition "We Mean Business", qui a plus que doublé depuis la COP21, a par exemple annoncé que 471 entreprises ayant une capitalisation boursière de plus de 8.000 milliards de dollars ont entrepris plus d'un millier d'engagements en faveur de l'action climatique.

La COP22 a aussi vu le lancement de l'Alliance mondiale pour les technologies propres par la Fondation Solar Impulse, connue pour avoir organisé le premier tour du monde en avion solaire.

Vers le "zéro carbone" en 2050?

La ministre de l'Environnement Hakima El Haité et l'ambassadrice française pour les négociations climatiques Laurence Tubiana ont pour leur part lancé le Partenariat de Marrakech pour l'action mondiale en faveur du climat, feuille de route 2017-2020 de l'action climatique pour les acteurs étatiques et non étatiques.

Les deux "championnes" pour le climat, selon l'expression onusienne, ont également créé la plate-forme "2050 pathways", un projet qui regroupe des pays, des villes et des entreprises qui s'engagent à n'émettre plus aucun gaz à effets de serre d'ici 2050, pour atteindre le "100% zéro carbone".

Si la COP22 se voulait plutôt "africaine", en mettant en avant les initiatives lancées à l'échelle du continent, dont le point d'orgue a sans nul doute été l'organisation du premier Sommet africain de l'action en marge de l'événement, la COP23, organisée par les îles Fidji à Bonn en Allemagne (pour des questions logistiques), permettra de mettre le curseur sur les conséquences du réchauffement climatique sur les petits Etats insulaires. En 2018, c'est la Pologne qui accueillera la COP24.

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