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"J'entends des chants de femmes", des mots libres pour un récit collectif

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j'entends des chants de femmes/Facebbok
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"J’entends des chants de femmes", est le projet d’une résidence d’écriture, porté par quatre femmes, Laurence, Salima, Catherine et Malika, qui pendant trois semaines se sont isolées à Villa Abdelatif, pour se livrer à une création littéraire, sonore et visuelle.

La première partie de cette aventure, qui a réuni ces quatre femmes le temps d’une écriture, a pris fin vendredi.

Durant trois semaines, elles se sont investis dans un processus de création où chacune a nourri son texte de témoignages de ce qu’elle voit, ressent, perçoit…etc.

L’écriture est suivie de lectures à voix haute, et d’échanges privilégiés, afin de restituer les notes les plus fortes des différents textes et tracer celle d’un texte collectif.

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"C’est l’idée d’une conversation entre femmes, où chacune s’inspire de son vécu et donne à son texte des images et couleurs différentes. Aujourd’hui nous allons faire en sorte que cette foule de mots trouve une certaine logique et donne lieu à une création collective" décrit Laurence vilaine écrivaine, romancière et initiatrice du projet.

Laurence explique la genèse du projet "J’entends des chants de femmes". Il y a deux ans de cela, Laurence soumet une demande à une structure Marseillaise qui s’appelle "La Marelle" pour obtenir une résidence d’écriture à Alger. Une demande qui a été approuvée et qui lui a permis de découvrir Alger pour la première fois.

"Une résidence d’écriture est un temps et un lieu octroyé à un écrivain, durant lequel il s’éloigne de sa logistique quotidienne, et s’immerge dans un travail d’écriture, uniquement. Pour ma part, j’ai demandé cette résidence d’écriture à Alger d’une durée d’un mois pour découvrir cette ville, errer dans ses rues, et me consacrer à l’écriture", souligne Laurence.

Arrivée à Alger, Laurence découvre la complexité de la ville, et souhaite rencontrer ses gens pour mieux la comprendre.

Logée au centre d'études diocésain, elle décide de monter un atelier d’écriture auquel elle donne le nom de "Tambour battant" et invite des femmes à y prendre part.

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"On ne se connaissait pas, mais on allait se rencontrer, faire connaissance et écrire ensemble" se souvient Laurence, amusée.

Après un appel à participation lancé via une page Facebook, Laurence contacte les 11 femmes inscrites en premier. Parmi elles, Salima Abada, actrice et chanteuse, et Malika Boughrara journaliste.

Le laboratoire d’écriture "Tambour battant" avait duré une semaine, Laurence confie que l’expérience est allée au-delà d’un simple exercice d’écriture, de vrais liens humains se sont tissés entre les participantes, permettant ainsi à Laurence, loin des clichés, de se forger sa propre opinion d’Alger et de ses habitants.

À l’issue de ce premier laboratoire d’écriture, Laurence partage avec les participantes son envie de revenir à Alger et de mettre en place ensemble un réel travail d’écriture pour ensuite réunir toute cette matière et la restituer en texte collectif et une lecture à voix haute avec plusieurs voix.

"Tambour Battant" donne lieu à "J’entends des chants de femmes"

En rentrant chez elle à Nantes, Laurence a peaufiné le projet et au fil des jours l’idée a muri. Théoriquement, elle a imaginé une écriture collaborative, un texte collectif, une lecture à voix haute accompagnée de projection d’image d’Alger qui viendront dialoguer avec le récit.

Elle soumet le projet à l’agence Algérienne pour le rayonnement culturel, qui accepte de l’accompagner dans la concrétisation de ce projet.

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Entre-temps, Laurence rencontre Catherine Charlot, vidéaste, qui apportera le plus dont a besoins le projet «J’entends des chants de femmes» pour devenir une création littéraire,sonore et visuelle.

"Il n’y a pas eu une sélection proprement dit, des affinités se sont créées particulièrement avec Salima et Malika, que j’ai revues par la suite et qui ont participé à l’élaboration de ce projet", souligne Laurence.

Une exploration de soi à travers les autres

Pour cette première étape de "J’entends des chants de femmes", les filles ne se sont pas cloisonnées dans un thème particulier, si ce n’est des paroles de femmes. Il n’est pas non plus question de style.

"Ces trois semaines passées ensemble à écrire, ont permis d’exprimer des idées et écouter celles des autres. C’est comme un laboratoire de recherche. Il y a eu beaucoup de paroles et d’échanges qui ont enrichi les textes. Cette première étape est une récolte de matière brute", précise Laurence.

La deuxième partie du projet est un temps de réécriture. Laurence et Catherine seront en résidence en France, à la Maison Julien-Gracq (à St-Florent-le-Vieil) en janvier 2017. Ce temps sera consacré à la réécriture du texte et au montage visuel et sonore pour une lecture à plusieurs voix.

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Sur cette aventure, chacune à sa propre appréciation. Salima, parle d’un apport littéraire "Dans l’écriture de mes chansons je suis souvent en conversation avec moi-même. Cet atelier d’écriture m’a permis d’avoir des avis différents sur mes écrits. Si avant je décrivais les choses avec des mots, aujourd’hui je le fais en décrivant des images qui transmettent des émotions".

Pour sa part la journaliste du groupe Malika, confie, que ce travail d’écriture se révèle aussi comme thérapeutique. "Trouver les mots adéquats pour décrire un vécu douloureux, ensuite le dire à haute voix, atténue l’intensité de cette douleur".

Laurence se dit séduite par la poésie de la langue arabe présente dans l’expression française, qu’elle retrouve lorsque Salima et Malika s’expriment. "Je tiens à ce que la richesse des deux langues transpire dans le texte final".

Catherine quant à elle, observe ces paroles dites, les caractères de chacune pour les mettre en scène. "Je prends des photos de la ville de ses habitants, des filles en pleine écriture, je filme aussi des séquences dans la rue ou ailleurs. Ensuite j’écoute la lecture des textes et certaines images viennent dialoguer avec leurs phrases, pour créer une harmonie entre l’image et les mots".

"J’entends des chants de femmes", sera présenté à Alger et à Nantes en 2017. Le public découvrira, la voix de Laurence, Salima et Malika à travers la lecture du texte accompagné des images de Catherine.

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Résidence d'écriture "j'entends des chants de femmes" en photos
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