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Turquie: Une loi sur les agressions sexuelles sur mineur suscite la polémique

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ISTANBUL
ISTANBUL, TURKEY - NOVEMBER 13: A man raises Turkish flag as Athletes and thousands of people take part in the 38th Vodafone Istanbul Marathon, the worlds only road race where people can run from Asia to Europe, at the July 15 Martyrs Bridge in Istanbul, Turkey on November 13, 2016. The 38th Vodafone Istanbul Marathons campaign for this year is: We are running for the July 15 martyrs. The races started on the Asian side of the July 15 Martyrs Bridge, formerly known as the Bosphorus Bridge, and w | Anadolu Agency via Getty Images
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Le gouvernement turc a soumis au Parlement une proposition de loi qui permet, dans certains cas, d'annuler la condamnation d'une personne pour agression sexuelle sur mineur si l'agresseur épouse sa victime, suscitant des réactions indignées.

L'assemblée s'est prononcée jeudi soir en première lecture sur le texte, qui doit faire l'objet d'un deuxième vote dans les prochains jours et pourrait concerner 3.000 personnes s'il était adopté.

La mesure permettrait de suspendre la condamnation d'une personne pour agression sexuelle sur mineur commise avant le 11 novembre 2016 si son auteur épouse sa victime. La mesure serait appliquée une seule fois et de manière rétroactive, a précisé vendredi le Premier ministre Binali Yildirim.

Il y en a qui se marient avant d'avoir atteint l'âge légal. Ils ne connaissent pas la loi. Ils ont des enfants, le père va en prison et les enfants restent seuls avec leur mère, a-t-il déclaré, ajoutant que la mesure visait à lever cette injustice.

Peu convaincue, l'opposition a tiré à boulets rouges sur ce texte.

L'AKP (le parti au pouvoir) a fait passer un texte qui pardonne ceux qui épousent l'enfant qu'ils ont violé, a réagi sur Twitter un député de l'opposition sociale-démocrate (CHP), Özgür Özel.

Des membres de l'opposition de droite nationaliste (MHP), avec qui le parti au pouvoir a formé une alliance pour réformer la Constitution, ont eux aussi exprimé leur opposition.

Sur Twitter, le mot-dièse #TecavüzMesrulastirilamaz (#OnNePeutPasLegitimerLeViol en turc) était parmi les plus populaires en Turquie vendredi.

Le Premier ministre a rejeté une accusation totalement fausse, rappelant que le gouvernement avait alourdi les peines de prison pour viol, et accusé le CHP d'exploiter la question à des fins politiques.

Soulignant que les mariages précoces sont malheureusement une réalité, le ministre de la Justice Bekir Bozdag a soutenu que la mesure visait, au contraire, à protéger les enfants.

M. Bozdag a souligné que la mesure ne s'appliquerait que dans les cas où l'agression sexuelle a été commise sans force, menace ou toute autre forme de contrainte.

Le ministre de la Justice a utilisé l'expression +agression sexuelle sans contrainte+. Il n'y a rien d'autre à ajouter, je pense, a ainsi déploré Ruhat Sena Aksener, d'Amnesty International en Turquie.

S'il n'existe pas de statistiques officielles, le mariage précoce est encore une réalité en Turquie, notamment dans l'est du pays. Les jeunes filles, qui subissent la pression de leur entourage, sont rarement en mesure de s'y opposer.

L'âge minimum légal pour se marier en Turquie est de 17 ans, avec l'autorisation des parents. La loi autorise le mariage dès 16 ans dans certaines circonstances exceptionnelles, avec l'aval d'un juge.

La cour constitutionnelle turque s'est prononcée en juillet en faveur du retrait d'une disposition du code pénal qui caractérise tout acte sexuel avec un enfant de moins de 15 ans comme un abus sexuel, un jugement dénoncé par la société civile.

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