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La veuve de Lotfi Nagdh à Said Chebli, suspecté dans la mort de son mari: "Viens me tuer comme tu as tué Lotfi Nagdh"

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3 jours après que le Tribunal de première instance de Sousse ait rendu son verdict dans l'affaire Lotfi Nagdh, créant un tollé sur les réseaux sociaux et auprès des partis politiques, la veuve de celui-ci, Houda Nagdh s'est emportée jeudi sur le plateau d'Attesia contre un des suspects relâché par le tribunal Said Chebli invité à l'occasion mais aussi contre Sahbi Attig membre du Conseil de la Choura d'Ennahdha.

Revenant sur la photo et la vidéo du lynchage qui ont circulé sur internet, la veuve de Lotfi Nagdh confirme en partie les propos de Sahbi Attig: "Tu as dit que j'étais 'brave' (parce que j'ai dit que ce n'était pas Lotfi Nagdh) sur la vidéo, mais toi tu ne l'as pas été car tu as dit seulement une partie de la vérité et une partie de mes propos".

"La photo n'est pas celle de Lotfi Nadgh, elle est celle d'un de ses accompagnateurs qui a essayé de le défendre, il s'agit de Salah Bouchnak mais cela ne doit pas nier le fait que nous avons d'autres photos, et vidéos qui montrent Lotfi Nagdh par terre et eux (en référence à la ligue de protection de la révolution) en train de le rouer de coups, et ces images sont passées sur la chaîne suisse et on les entend dire 'tuez-le, il respire encore' " s'emporte-t-elle.

Selon elle, Sahbi Attig et Ennahdha seraient derrière cette violence qui a conduit à la mort de son mari: "Je veux vous rappeler monsieur Sahbi (Attig), vous êtes de ceux qui avaient appelé à la violence, n'avez-vous pas dit personnellement 'nous vous lyncherons dans les rues' dans une séquence vidéo? Vous avez appelé à la violence, et maintenant vous parlez de paix sociale et d'État civil?".

"N'est-ce pas vous qui avez nourri la ligue de protection de la révolution pour qu'elle attaque un homme dans son bureau, ce qui l'a tué" l'interpelle-t-elle, lui reprochant un discours qui se veut, aujourd'hui, apaisant.

Said Chebli, membre de la ligue de protection de la révolution, suspecté d'avoir participé au lynchage de Lotfi Nagdh et remis en liberté par le Tribunal de première instance de Sousse est lui aussi mis en cause par Houda Nagdh. S'il confirme avoir bien participé à la manifestation prévue ce jour-là, il confirme néanmoins que Lotfi Nagdh est mort "d'une crise cardiaque", comme confirmé par l'autopsie et le tribunal.

Selon elle, Said Chebli et la ligue de protection de la révolution a tenté à trois reprise de lui donner une "diya" -à savoir une compensation payée par celui qui a tué quelqu'un- qu'elle a refusée: "Votre main est sale, sale de sang, je ne tendrai pas la main à un homme comme vous. Vous êtes la première et dernière raison (de la mort de Lotfi Nagdh), et mon droit je le prendrai des tribunaux, et si je ne le prends pas du tribunal...je le demanderai à Dieu pour le sang de Lotfi Nagdh, toi et ton équipe (...) avez été la cause de la mort de Lotfi Nagdh" a-t-elle déclaré.

"Toi, said Chebli, n'as tu pas traité Lotfi Nagdh de racaille? N'as-tu pas dit qu'il était un mafioso? Ne lui as-tu pas dit que 'ton jour viendra impur de RCDiste?' (...) je n'ai pas peur de toi (...) et viens me tuer comme tu as tué Lotfi Nagdh parce que je ne partage pas les mêmes opinions, le même bord politique que toi ou la même idéologie" renchérit-elle avant de conclure: "C'est vous qui avez appelé à couper les mains, à appliquer la Charia, c'est vous qui avez appelé à la violence. Lotfi n'est pas venu à vous, c'est vous qui êtes allé à lui".

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