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La COP22, une aubaine pour le tourisme au Maroc?

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COP22
Arrivée des participants à la COP22 à Marrakech, Maroc, 10 novembre 2016 | Youssef Boudlal / Reuters
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TOURISME - 8 heures du matin, dans les ruelles de la médina de Marrakech. Entre les mobylettes bruyantes et les charrettes tirées par des ânes, quelques hommes en costume, mallette à la main et chaussures cirées, déambulent vers la place Jemaa el-Fna.

Direction ensuite le site de Bab Ighli, qui a accueilli du 7 au 18 novembre la COP22, événement d'envergure auquel ont participé entre 25.000 et 30.000 personnes selon les premières estimations.

Si l'enjeu de la 22e Conférence des parties sur le climat était de taille - mettre en oeuvre l'accord mondial conclu l'année dernière à Paris visant à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C - l'événement a aussi offert au Maroc une opportunité sans précédent pour rebooster son activité touristique.

Il faut dire que le secteur a connu une année plutôt morose. 4,2 millions de touristes ont visité le Maroc pendant le premier semestre 2016, soit une baisse de 2,6% par rapport à la même période de l'année précédente, selon des chiffres de l’Observatoire du tourisme. Et le nombre de touristes étrangers, provenant notamment des traditionnels marchés émetteurs comme la France, l'Allemagne ou l'Italie, ne cesse de baisser.

Marrakech affiche complet

Alors que le mois de novembre est l'une des périodes creuses en matière d'activité touristique dans le royaume, la COP22 a clairement donné un coup d'accélérateur (et de projecteur) à la ville ocre. "J'ai huit chambres dans ma maison d'hôtes, et elles sont toutes occupées par des 'COPistes'", nous confie la propriétaire d'un riad en pleine médina.

La ville n'avait d'ailleurs pas fait les choses à moitié pour accueillir ces dizaines de milliers de personnes de tous les continents. Avenues entièrement refaites et bordées de fleurs et palmiers, services de bus et taxis électriques gratuits pour les participants, déploiement sécuritaire impressionnant, mobilisation de tous les hôtels et maisons d'hôtes... Marrakech a fait peau neuve en un temps (presque) record.

"On a commencé à travailler avant la COP21. Les professionnels du tourisme ont été mobilisés pendant des mois, on a mis en place une cellule logistique qui travaillait 24 heures sur 24 pour gérer les réservations. Même les retardataires ont réussi à être logés", nous confie Abdellatif Abouricha, responsable communication du Conseil régional du tourisme de Marrakech.

"La ville a affiché complet pendant douze jours. C'est bénéfique pour les hôtels mais aussi pour les taxis, les artisans, les restaurants", ajoute-t-il, estimant que le Maroc a montré qu'il était capable d'organiser des grands événements à l'instar des grandes villes européennes.

Les retombées du tourisme d'affaires

Même son de cloche chez Saïd Tahiri, ancien directeur de la Confédération nationale du tourisme et actuel directeur du pôle tourisme d'un grand groupe marocain. "Des circuits touristiques ont été proposés aux participants, de même que des visites dans les villages berbères avoisinants, les villes impériales et jusqu'à Ouarzazate", explique-t-il.

Néanmoins, tous les "congressistes" n'ont pas forcément eu le temps, entre deux conférences, de flâner dans la ville. "Les retombées touristiques d'un événement type "MICE" (de l’acronyme anglais "Meetings, incentives, conferencing, exhibitions", soit les réunions, congrès, conférences et manifestations, ndlr) ne se font souvent qu'un à deux ans après", note M. Tahiri.

"Quand vous venez à un événement comme celui-ci, vous pouvez en effet être tenté de revenir avec votre famille ou vos amis. Le taux de retour espéré est relativement important avec ce genre d'événement lorsqu'il est bien organisé", explique-t-il.

Redorer le blason

Autre point favorable pour la destination Maroc: la couverture de la COP22 par des médias du monde entier. "Le Maroc a souvent été associé, ces dernières années, à des thématiques liées au terrorisme et aux problèmes d'instabilité politique de la région", rappelle M. Tahiri. "Là, nous avons démontré que nous sommes dans un pays stable, sécurisé, où il fait bon vivre. D'autant plus que la météo a été particulièrement clémente. L'image du Maroc est passée du rouge au vert avec la COP22!".

Maintenant, l'enjeu pour Marrakech est de ne pas se reposer sur ses lauriers. "La notoriété et l'image de Marrakech laissées par la COP22 doivent jouer un rôle dans le choix futur de la destination", indique M. Tahiri, qui estime que "la fin de cette COP augure d'une année 2017 fertile pour le tourisme marocain".

Le site de Bab Ighli, s'il sera en partie démonté, pourrait d'ailleurs servir à accueillir d'autres manifestations de grande ampleur. Selon une source du secteur, des opérateurs de la ville de Marrakech aurait en effet adressé un mémorandum au roi pour garder la structure mise en place pour la COP22 afin qu'elle serve à nouveau. De son côté, une source proche du comité de pilotage de la COP22 nous a confié qu'"il y a eu toute une discussion qui s'est engagée avec les autorités sur le devenir du village de la COP22".

En attendant, la ville s'apprête à organiser, comme chaque année, le Festival international du film de Marrakech début décembre. Le soufflé touristique produit par la COP22 ne risque pas de retomber rapidement.

LIRE AUSSI: Que deviendra le village de la COP22?

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