Huffpost Algeria mg

COP22: Les Parties réitèrent dans leur "Appel de Marrakech" leurs engagements en faveur du climat

Publication: Mis à jour:
QDQ
DR
Imprimer

Les chefs d'Etats, représentants des gouvernements et des délégations à la COP22 ont proclamé jeudi 17 novembre à Baba Ighli "L'Appel de Marrakech", pour réitérer leurs engagements en matière de lutte contre les changements climatiques et appeler les pays développés et la communauté internationale à davantage de mobilisation mais surtout d'actions.

La cérémonie de proclamation a été animée par Salaheddine Mezouar, président de la 22e session de la Conférence des Parties sur le Climat (COP) et Patricia Espinosa, Secrétaire exécutive de la CCNUCC avec plusieurs membres de la présidence marocaine et du Secrétariat de la CCNUCC.

Les parties prenantes à cette 22e session de la COP ont d'abord réaffirmé leur engagement pour la mise en oeuvre complète de l'Accord de Paris sur le Climat. Elles en ont profité pour affirmer leur détermination à maintenir "cet élan extraordinaire en matière de lutte contre les changements climatiques", engendrées par le dit-accord même et son entrée en vigueur rapide.

"Notre tâche aujourd’hui est de perpétuer cet élan, ensemble, allant de l’avant délibérément pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour encourager les efforts en matière d’adaptation, favorisant et appuyant ainsi l’Agenda pour le Développement Durable de 2030 et ses Objectifs de Développement Durable", expliquent-elles dans cet Appel.

Un engagement politique et financier plus ferme

L'Appel de Marrakech s'adresse également aux chefs d'Etats, ayant ratifié ou non l'Accord de Paris, à endurcir leurs engagements politiques contre les changements climatiques et à "être solidaire avec les pays les plus vulnérables aux impacts" de ceux-ci, dont la pauvreté et l'insécurité alimentaire.

Les parties prenantes à cette cérémonie n'ont pas omis d'appeler à une augmentation des financements et des flux,"en prenant en compte les besoins spécifiques et les circonstances particulières des pays en développement, des pays les moins avancés ainsi que ceux particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques".

Les pays développés membres de ces parties ont également réaffirmé leurs objectif de mobiliser 100 milliards de dollars américains.


La société civile, dont les initiatives et les innovations ont été présentées lors de cette COP à Marrakech, a également été appelée à se joindre immédiatement à cette lutte ambitieuse,

"La Conférence de Marrakech marque un point d’inflexion important dans notre engagement pour rassembler la communauté internationale dans son ensemble afin de relever un des plus grands défis de notre temps", explique la proclamation.

"Dorénavant, alors que nous nous tournons vers la mise en œuvre et l’action, nous renouvelons notre détermination de vouloir inspirer la solidarité, l’espoir et l’opportunité pour les générations présentes et futures", conclut-elle.

La COP22 sera clôturée ce vendredi 18 novembre à Baba Ighli. Une conférence sera animé par les membres du comité de pilotage pour dresser un bilan de cet événement et ses perspectives.

L'Appel de Marrakech

Nous, Chefs d’États, de Gouvernements, et Délégations, rassemblés à Marrakech, en sol Africain, pour la Vingt-deuxième session de la Conférence des Parties, la douzième session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au Protocole de Kyoto et la Première session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l’Accord de Paris, à la gracieuse invitation de Sa Majesté le Roi du Maroc, Mohammed VI, prononçons cette proclamation afin de signaler un changement vers une nouvelle ère de mise en œuvre et d’action en faveur du climat et du développement durable.

Notre climat se réchauffe à un rythme alarmant et sans précédent et nous avons le devoir urgent de répondre.

Nous nous réjouissons de l’entrée en vigueur rapide de l’Accord de Paris, adopté en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, ainsi que de ses objectifs ambitieux, sa nature inclusive, et sa conformité aÌ l’équité et au principe des responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives, eu égard aux différentes situations nationales, et nous affirmons notre engagement pour sa mise en œuvre complète.

En effet, cette année, nous avons assisté à un élan extraordinaire en matière de lutte contre les changements climatiques, partout dans le monde, ainsi que dans de nombreux fora multilatéraux. Cet élan est irréversible — il est guidé non seulement par les gouvernements, mais également par la science, par le monde des entreprises ainsi que par une action mondiale de tous types et à tous niveaux.

Notre tâche aujourd’hui est de perpétuer cet élan, ensemble, allant de l’avant délibérément pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour encourager les efforts en matière d’adaptation, favorisant et appuyant ainsi l’Agenda pour le Développement Durable de 2030 et ses Objectifs de Développement Durable.

Nous appelons à un engagement politique des plus fermes afin de lutter contre les changements climatiques, c’est une priorité urgente.

Nous appelons à une solidarité forte avec les pays les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques et nous tenons à souligner la nécessité d’appuyer les efforts visant à améliorer leur capacité d’adaptation, à renforcer leur résilience et à réduire leur vulnérabilité.

Nous appelons toutes les Parties à renforcer et à soutenir les efforts pour éradiquer la pauvreté, assurer la sécurité alimentaire et prendre des mesures rigoureuses pour faire face aux défis des changements climatiques dans le domaine de l’agriculture.

Nous appelons à rehausser d’urgence nos ambitions et à renforcer notre coopération afin de combler l’écart entre les trajectoires d’émissions actuelles et celles requises pour atteindre les objectifs à long terme de limitation de la température fixés par l’Accord de Paris.

Nous appelons à une augmentation des financements, des flux et de leur accès, conjointement avec une amélioration de la capacité et de la technologie, y compris des pays développés vers les pays en développement.

Nous, les pays développés Parties, réaffirmons notre objectif de mobiliser 100 milliards de dollars américains.

Nous, à l’unanimité, appelons à davantage d’action climatique et d’appui, bien avant 2020, en prenant en compte les besoins spécifiques et les circonstances particulières des pays en développement, des pays les moins avancés ainsi que ceux particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques.

Nous qui sommes Parties au Protocole de Kyoto encourageons la ratification de l’Amendement de Doha.

Nous, collectivement, appelons tous les acteurs non étatiques à se joindre à nous pour une action et une mobilisation immédiate et ambitieuse, s’appuyant sur leurs importantes réalisations, notant les multiples initiatives et le Partenariat de Marrakech pour l’Action Climatique Globale lui-même, lancé à Marrakech.

La transition requise de nos économies pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris fournit une opportunité positive et substantielle pour une prospérité accrue et un développement durable.

La Conférence de Marrakech marque un point d’inflexion important dans notre engagement pour rassembler la communauté internationale dans son ensemble afin de relever un des plus grands défis de notre temps.

Dorénavant, alors que nous nous tournons vers la mise en œuvre et l’action, nous renouvelons notre détermination de vouloir inspirer la solidarité, l’espoir et l’opportunité pour les générations présentes et futures.