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Une ONG porte plainte contre Lafarge pour financement du terrorisme en Syrie

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LAFARGE
The company logo of Lafarge is pictured during the group's shareholders meeting in Paris, France, May 7, 2015. Holcim Ltd, a Swiss company, and Lafarge S.A., which is based in Paris, on Monday won U.S. antitrust approval to merge after they agreed to divest assets, the Federal Trade Commission. The companies agreed to divest plants, terminals and a quarry to gain approval of their $25 billion deal, the FTC said. REUTERS/Benoit Tessier | Benoit Tessier / Reuters
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INTERNATIONAL - L'ONG Sherpa a déposé plainte à Paris contre le cimentier français Lafarge, notamment pour financement du terrorisme, après les révélations du Monde sur de possibles arrangements avec l'organisation Etat islamique pour faire fonctionner un site en Syrie, a déclaré mardi 15 novembre son président William Bourdon.

Le quotidien avait révélé en juin 2016 "les troubles arrangements" de Lafarge avec l'organisation jihadiste pour qu'une de ses cimenteries située à Jalabiya puisse continuer à fonctionner en 2013 et 2014, avant que l'EI ne s'empare du site et annonce l'arrêt de toute activité.

Selon Le Monde, l'entreprise a cherché à garantir l'accès à l'usine de ses ouvriers et des marchandises alors que plusieurs points de la zone étaient contrôlés par l'EI, en missionnant un intermédiaire pour obtenir des laissez-passer aux checkpoints.

"Complicité de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité"

Pour pouvoir fabriquer le ciment, Lafarge est aussi passé par "des intermédiaires et des négociants qui commercialisaient le pétrole raffiné par l'EI, contre le paiement d'une licence et le versement de taxes", assurait le journal.

La plainte avec constitution de partie civile a été déposée auprès du doyen des juges d'instruction, au nom de Sherpa, association spécialisée dans la "défense de victimes de crimes économiques", du Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l'Homme et de onze anciens employés du groupe en Syrie, pour obtenir l'ouverture d'une information judiciaire. Elle vise des faits de financement du terrorisme, complicité de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, mise en danger, exploitation abusive du travail et négligence.

"Ce que nous dénonçons, c'est l'obsession d'une entreprise de maintenir une activité profitable au risque de devoir rendre des comptes et que soient mis au jour des liaisons pour le moins dangereuses avec ceux qui sont perçus comme les pires ennemis de l'humanité", a déclaré William Bourdon.

"Nous demandons que soient tirées les conséquences d'une politique cynique faite d'aveuglement et de surdité, conduisant à des échanges commerciaux et financiers entre Lafarge Cement Syria sous le contrôle de sa maison-mère avec un groupe qui avait déjà amorcé la commission de grands crimes internationaux", a-t-il ajouté.

Le cimentier Lafarge Holcim, issu de la fusion mi-2015 avec le Suisse Holcim, avait assuré qu'il examinerait les faits révélés par Le Monde, après avoir affirmé que sa priorité absolue avait été la sécurité de ses personnels.

En juillet, la mission parlementaire sur les moyens du groupe jihadiste affirmait dans son rapport que "rien" ne permettait d'établir que Lafarge ait pu "participer directement ou indirectement, ni même de façon passive, au financement de Daech".

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