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Nécessité de revoir le système national d'enseignement supérieur

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Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, a insisté mardi à Tizi-Ouzou sur la nécessaire révision du système national d'enseignement supérieur afin d'assurer des débouchées professionnelles aux diplômés. Il a également annoncé que son département a commandé un logiciel anti-plagiat pour mettre terme à cette triche qui se généralise malheureusement.

Dans la perspective de lutter contre ce procédé qu'il a qualifié de "vol", M. Hadjar a indiqué qu'à partir de l'année universitaire prochaine il sera exigé le dépôt des thèses de masters et de doctorat en support numérique, pour qu'elles soient soumises au vérifications de ce logiciel.

Il a toutefois souligné que la démarche de son département priorise l'action préventive à travers la sensibilisation des étudiants dès la première année contre cette pratique, ajoutant la possibilité d'introduire un module sur la déontologie.

M. Hadjar qui a rencontré, au niveau du pôle universitaire de Tamda, la communauté universitaire en marge d'une visite de travail dans la wilaya, a relevé l'"obligation de revoir tout le système de formation supérieur qui, s'il est maintenu, va créer un sérieux problème".

"L'Algérie forme annuellement une moyenne de 200 000 master. Au bout de 10 ans nous allons nous retrouver avec 5 millions de master sur le marché de l'emploi national, que la fonction publique, ne pourra pas absorber" a-t-il expliqué.

Cette situation est induite par l'absence de la norme pyramidale dans l'accès aux différents paliers du cursus universitaire, norme mondialement appliquée, a-t-il observé, avant d'annoncer que son département va prendre en charge ce "problème", avec la participation de tous les concernés, et cette prise en charge "doit se faire de façon rationnelle, objective et dépassionnée", a-t-il rassuré.

Abordant le dossier de l'amélioration de la qualité de l'enseignement, le ministre a fait savoir que les universités algériennes disposent de tous les moyens humains et matériels nécessaires pour atteindre cet objectif.

"Il ne reste qu'à mettre en place l'organisation adéquate et, dans cette optique, nous avons demandé aux responsables des universités d'installer chacun à son niveau, une commission d'assurance qualité pour des évaluations internes dans tous les domaines (administratif, pédagogique, financier...) ce qui permettra de relever les défaillances" constatées, a ajouté M. Hadjar.

Parmi les défaillances du système d'enseignement supérieur, le ministre a reconnu l'"échec" du système LMD, l'" incohérence" du système administratif actuel avec celui de la formation, citant pour exemple un vice rectorat en post-graduation qui (post-graduation) n'existe pas.

Cette évaluation sera suivie à partir de l'année prochaine par la mise en place d'un projet d'université pour chaque établissement et la révision de la carte universitaire pour créer une complémentarité entre les universités.

Ces projets d'établissement, a-t-il poursuivi, vont impliquer l'ensemble des partenaires dont les autorités locales et l'environnement socio-économique dans le but de faire de l'université une partie prenante du développement local, par le biais de la dispense de formations en fonction des besoins de chaque région.

Répondant aux questions des enseignants concernant leur carrière, le ministre a rassuré ces derniers que le problème de doctorat et d'habilitation est pris en charge. "La publication d'un article dans une revue scientifique mondiale ne sera plus le seul critère de recevabilité, cette décision a été prise afin d'anticiper un déficit dans l'encadrement qui se poserait dans 4 à 5 ans" a-t-il fait observer, soulignant que l'expérience professionnelle sera également valorisée dans la nouvelle loi sur l'habilitation.

Sur un autre volet, le ministre a insisté devant l'assistance sur l'importance du dialogue qui "doit être maintenu de manière régulière" afin de prendre en charge les problèmes avant qu'ils n'évoluent en crise ou en grève.

Le climat de sérénité constaté à travers les universités à l'échelle nationale est le résultat de cette démarche adopté par le MESRS, et imposée par le ministère aux chefs d'établissements, a-t-il dit.

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