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Mohammed VI: "L'Afrique paie le lourd tribut du réchauffement climatique"

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MOHAMMED VI COP22
Morocco's King Mohammed VI arrives to attend the official lunch for the opening of the high-level segment of the COP22 Climate Change Conference at the Royal Palace in Marrakesh on November 15, 2016. / AFP / STEPHANE DE SAKUTIN (Photo credit should read STEPHANE DE SAKUTIN/AFP/Getty Images) | STEPHANE DE SAKUTIN via Getty Images
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INTERNATIONAL - Nigeria, Rwanda, Côte d'Ivoire, Sierra Leone, Guinée, Sénégal, Gabon, Soudan, Libye, Tunisie... L'Afrique avait rendez-vous à Marrakech ce mercredi 16 novembre. En marge de la COP22, le roi Mohammed VI a convié une trentaine de chefs d'Etat et de délégations d'Afrique dans la ville ocre, pour la tenue du premier Sommet africain de l'action.

L'enjeu - double - était de taille. Au niveau du continent d'abord, il s'agissait de faire porter la voix des dirigeants africains sur les questions climatiques et environnementales à l'échelle globale. Montrer que les pays africains, qui figurent parmi les plus vulnérables de la planète face aux changements climatiques, peuvent s'unir à travers différentes initiatives pour y faire face.

Au niveau national, ensuite, ce sommet très stratégique a permis au Maroc de confirmer sa volonté de réintégrer son siège au sein de l'Union africaine (UA), trente-deux ans après l'avoir quitté, et de se positionner en acteur incontournable du développement du continent, notamment en matière environnementale.

Mohammed VI, arrivé peu après 13 heures sur le parvis de l'hôtel Movenpick, lié au Palais des congrès, est venu accompagné de son frère le prince Moulay Rachid et de son fils le prince Moulay Hassan.

Après la traditionnelle "photo de famille", et la projection d'un mini-documentaire "Africa We Want" ("l'Afrique que nous voulons"), le roi a prononcé un discours - en français. "L'ère de la colonisation est révolue. Une décision imposée ne peut être productive", a-t-il déclaré, expliquant que le but de ce sommet était de montrer que le continent était capable d'"harmoniser" ses actions en faveur du développement durable.

"L'Afrique exige une justice climatique"

"L'Afrique exige une justice climatique et la mobilisation des moyens nécessaires en matière de lutte contre les effets des changements climatiques", a-t-il indiqué, rappelant que l'Afrique, qui n'émet que 4% des gaz à effets de serre, paie pourtant le "lourd tribut" du réchauffement climatique et demeure le continent "le plus pénalisé".

L'Afrique compte en effet 10 millions de réfugiés climatiques, et pourrait en compter plus de 60 millions d'ici 2020 à cause de la rareté de l'eau, a rappelé le roi. 4 millions d’hectares de forêts, soit deux fois plus que la moyenne mondiale, disparaissent également chaque année.

Mohammed VI, qui a dit se "réjouir" des actions continentales déjà mises en place, à l'instar de l’initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine (Triple A), a répété que le Maroc mettrait "son savoir-faire" à la disposition de ses partenaires africains, et que son action serait renforcée lorsqu'il rejoindra "bientôt" l'Union africaine.

"Il importe que notre Continent s’exprime d'une seule voix, qu’il exige justice climatique et mobilisation des moyens nécessaires, qu’il émette des propositions concertées, en matière de lutte contre les changements climatiques", a-t-il conclu.

L'organisation de ce sommet au Maroc intervient quelques mois après une intense activité diplomatique marocaine en Afrique, initiée par le roi et poursuivie par le ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar, qui ont multiplié leurs visites afin de recueillir le soutien des pays africains sur la réintégration du Maroc au sein de l'UA.

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