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Avec "Les Animaux fantastiques", J.K. Rowling ne se cache plus pour parler politique

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HARRY POTTER
Avec "Les Animaux fantastiques", J.K. Rowling ne se cache plus pour parler politique | HuffPost
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CINÉMA - Les fans de "Harry Potter" ont bien grandi depuis la parution de "L'école des sorciers" en 1997... Et c'est peut-être pour cela que J.K. Rowling se permet de leur parler plus directement de politique avec "Les Animaux fantastiques".

En salles prochainement , cette aventure inédite écrite et produite par la romancière britannique est ouvertement engagée. Cette fois-ci, intellectuels, médias et critiques qui livrent des interprétations politiques de la saga "Harry Potter" depuis près de 20 ans n'auront pas à se creuser beaucoup la tête pour comprendre les combats de l'écrivaine. Dans ce long-métrage, il n'y a qu'à se baisser pour les ramasser.

J.K. Rowling s'est peut-être lassée d'être interrogée sur les références au nazisme après l'épuration des "Sang-de-Bourbe", sur l'esclavage en lien avec la situation des elfes de maison et même sur le système capitaliste néolibéral tout puissant à Poudlard... Elle offre sur un plateau d'argent de nouveaux sujets de discussions éminemment politiques.

L'éloge du vivre ensemble

"Les Animaux fantastiques" prend place dans le New York des années 20. En pleine prohibition, les non-sorciers, Non-Maj', ignorent tout du monde magique avec lequel ils cohabitent. Les sorciers américains eux, font tout pour rester incognito. C'est tout l'enjeu de ce premier film (la saga en comptera cinq au total).

Deux communautés s'ignorent, mais un sentiment "anti-sorcier" s''installe. Le "racisme" fait la une des gazettes de sorciers, un groupuscule obscurantiste nommé "les Fidèles de Salem" gagne en influence, et les enfants chantent des comptines où les sorcières finissent pendues ou noyées.

"Le film parle de la peur de ce que l'on ne connaît pas et du comportement extrême qu'adoptent les gens face à cette angoisse", raconte Eddie Redmayne, qui campe le personnage principal Norbert Dragonneau. "C'est pourquoi les sorciers se cachent à New York et qu'ils n'entretiennent aucun rapport avec les Non-Maj' alors qu'ils en ont le droit, dans une certaine mesure, au Royaume-Uni, d'où est originaire Norbert. C'est aussi pour cela que les sorciers veulent détruire les créatures magiques, car elles pourraient révéler l'existence de la magie."

Sorciers et Non-Maj' ne peuvent être amis ou se marier, nous apprennent les personnages des "Animaux fantastiques". Alors quand J.K. Rowling place au cœur de son récit un Non-Maj' qui se lie d'amitié avec des sorciers, elle fait l'éloge du vivre-ensemble de façon très lisible.
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À vous ensuite de faire le lien avec les propos racistes de Donald Trump ou autre. Le message est tout simplement universel.

Une invitation à sortir du placard

L'autre combat qu'il est difficile de manquer dans "Les Animaux fantastiques" est l'importance d'être fidèle à sa véritable identité. Un fléau menace New York et il se produit lorsque des enfants sorciers essaient de refouler et de se débarrasser de leur magie... S'ils vivent dans le déni, ils meurent.

J.K. Rowling peut faire référence à bien des vérités qu'on pourrait vouloir dissimuler, mais en connaissant son soutien à la communauté LGBT, le spectateur pensera immédiatement au coming-out.

Dès 2007, J.K. Rowling a fait savoir que son personnage d'Albus Dumbledore était homosexuel. Et quand certains se sont étonnés et énervés, la romancière a tout simplement répondu: "Pour moi, il n'est pas nouveau qu'un homme courageux et brillant puisse aimer un autre homme. C'est mon personnage. Il est ce qu'il est, et j'ai le droit de dire ce que je veux sur lui." On sait d'ailleurs que la sexualité de Dumbledore sera abordée dans les prochains films des "Animaux fantastiques".

Mais au-delà de ce personnage, J.K. Rowling n'a eu de cesse de faire passer des messages de tolérance. Celui qui colle le plus aux "Animaux fantastiques" est peut-être sa déclaration de 2014 à un étudiant lui demandant si Poudlard est un lieu sûr pour les étudiants LGBT.

"Si Harry Potter nous a appris quelque chose, c'est que personne ne devrait vivre dans un placard", peut-on lire sur l'image partagée par la Britannique de 51 ans.

Une femme noire présidente

Une semaine après la défaite d'Hillary Clinton à l'élection présidentielle américaine, les spectateurs ne manqueront pas les nombreux "Madam President" lancés au personnage Séraphina Picquery incarné par l'actrice noire Carmen Ejogo.
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Oui, J.K. Rowling a mis une femme, noire, à la tête du Congrès magique des États-Unis d'Amérique. Une façon de casser deux plafonds de verre à la fois pour cette féministe qui s'assume.

Récemment, l'écrivaine a approuvé le choix d'une Hermione Granger noire au théâtre. Elle avait d'ailleurs déjà fait de ce personnage une femme puissante. Après avoir quitté Poudlard, la brillante Hermione a intégré le Ministère de la Magie et l'a changé en profondeur avant de se battre pour le droits des Elfes de maisons et de se retrouver à éradiquer les lois en faveurs des Sang-Purs, a imaginé J.K. Rowling. La romancière ne fait que continuer dans cette voie avec les personnages féminins des "Animaux fantastiques".

Voilà les trois combats politiques qui jalonnent de façon évidente ce long-métrage. Mais il reste encore bien des détails qui parleront aux spectateurs en fonction de leurs sensibilités politiques. Que penserez-vous de la chaise sur laquelle on exécute les sorciers? De ce candidat à l'élection présidentielle soutenu par un magnat des médias et attaqué pendant son grand meeting? Ou tout simplement des animaux que veut protéger Norbert Dragonneau?

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